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 I'm not your enemy. ☽ Sam

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Sara Howe
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MessageSujet: I'm not your enemy. ☽ Sam   I'm not your enemy. ☽ Sam EmptyVen 25 Jan - 23:39


One of the oddest things about being grown-up was looking back at something you thought you knew and finding out the truth of it was completely different from what you had always believed.
Cela faisait quelques sessions déjà que tu suivais Sam, ou plutôt Seonghwan. C’est l’armée qui lui avait imposé des sessions avec un psy après une mission qui s’était très mal terminée en Thaïlande et où il avait perdu bon nombre de ses camarades. En revanche c’est lui qui avait choisi de faire appel à tes services. Depuis que tu avais commencé à exercer tu avais de plus en plus de militaires. Tu les soupçonnais de se faire passer le mot. Une psychothérapeute semble moins impressionnante ou peut-être moins invasive que le serait un psychiatre et cela suffit à l’armée de toute manière. Ou peut-être est-ce le fait que tu n’es pas affiliée à l’armée et que ton frère soit un Navy Seals qui leur inspire plus facilement confiance, aller savoir.
Avec Sam c’était un peu difficile. Tu sentais qu’il te cachait quelque chose d’important, enfin quelque chose de plus que les problèmes qui faisaient que l’armée lui avait demandé de suivre ces séances. Il avait fallu plusieurs sessions pour qu’il commence tout doucement à s’ouvrir à toi. Tu avais commencé par des séances en groupe, puis tu avais diminué le nombre de personnes présentes, puis tu avais alterné, des groupes de cinq ou six et d’autres de deux ou trois. Sans compter bien sûr les fois où ton fils était présent. Tu avais noté que Sam avait commencé à se sentir vraiment plus à l’aise quand ton Sam’ était là. La présence de ton fils avait très souvent des effets bénéfiques avec tes patients, même si tu tâchais de ne pas prendre de risque si tu savais que tu avais des cas trop difficiles.

Aujourd’hui tu avais choisi de faire une première séance vraiment juste avec Seonghwan – tu avais du mal à l’appeler Sam puisque tu pensais chaque fois à ton fils – et toi. Tu espérais réussir à percer un tout petit peu la muraille qu’il avait construit tout autour de lui. Notamment depuis le gala où vous vous étiez vu en dehors du cadre médecin-patient. Tu avais la fâcheuse manie de t’attacher peut-être un peu trop à tes patients, de sympathiser un peu plus que la déontologie le conseille. Mais tu as toujours estimé que pour installer un vrai climat de confiance et les aider à guérir il fallait vraiment s’intéresser à eux, bien plus que ne le font la plupart des médecins. Ton père y compris bien qu’il prenait toujours à cœur le bien-être de ses patients. Mais il soignait les corps, toi tu soignes les âmes.

Une fois par semaine, tu avais un jour spécialement réservé aux militaires, cela faisait quelques mois seulement que tu l’avais instauré en remarquant que tu avais de plus en plus de membres de l’armée qui venaient te voir. C’était le seul jour où tu commençais vraiment tôt et finissais assez tard – mais tu t’accordais une longue pause de onze heure à quinze heure. Tu t’étais arrangé avec la sécurité déjà mise en place par les autres entreprises présentes dans l’immeuble pour augmenter légèrement le nombre de vigils ces jours-là et en avoir un qui te soit spécialement attribué. Il n’entrait pas dans la pièce, mais était posté juste à la porte, tandis que les autres surveillaient avec attention les caméras et le fameux petit voyant lumineux que tu actionnais par un émetteur que tu portais autour du cou.
Tu voyais le militaire de l’ONU généralement tôt le matin, un horaire qui semblait mieux le convenir, il était sans doute bien plus du matin que toi. Ton bureau – qui ressemblait plus à un petit salon de thé qu’à un cabinet médical du reste – ne cessait de s’agrémenter de plus en plus de dessins, ceux de ton fils, ceux de tes patients… et quelques-unes de tes propres toiles. En ce qui concernait les œuvres de tes patients tu n’accrochais que ceux qui n’exprimaient aucune émotion négative et toujours après leur consentement. Tu estimais qu’il était important de leur montrer à quel point leurs travaux lors de tes séances avait de l’importance.

Comme toujours le soldat arriva pile à l’heure. Réglé comme du papier à musique. « Bonjour Seonghwan, à moins que tu préfères que je t’appelle Shang comme le fait mon fils depuis qu’il t’a rencontré. » plaisantes-tu, ayant remarqué que le jeune homme ne s’était pas du tout vexé que ton petit garçon, décrétant que Sam était un prénom qui lui appartenait, et avait donc décidé de renommé le militaire du même nom que le personnage masculin de Mulan qu’il venait de voir peu de temps avant sa rencontre avec le soldat. Tu t’écartes légèrement de la porte pour pouvoir le laisser entrer avant de refermer la porte derrière lui, laissant le vigil assigné à ta protection pour la journée de l’autre côté.

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MessageSujet: Re: I'm not your enemy. ☽ Sam   I'm not your enemy. ☽ Sam EmptyDim 27 Jan - 22:28


I’m not your enemy

Comme à son habitude, Sam ouvre grand les yeux plus d’une heure avant que son réveil ne sonne. Le regard rivé au plafond, il observe un moment les nuances des ombres qui s’étirent au-dessus de son lit, en poussant un soupir las. En cette période, le soleil peine à se lever au même rythme que lui et il n’est pas rare qu’il commence sa journée dans la semi-obscurité rose de l’aurore. Le jeune soldat se redresse aussitôt en position assise, passant machinalement une main dans ses cheveux qui retombent comme par magie à leur place initiale. A quelques pas de là, des ronflements accentués se font entendre, ceux de ses camarades dont il jalouse souvent le sommeil profond. Quoique. Si son corps le force à réduire au maximum les heures plongées dans un inconscient qu’il voudrait fuir à tout prix, ce n’est pas sans raison. Il déteste dormir.

Les cauchemars ne sont plus aussi fréquents ni aussi vivaces qu’autrefois, pourtant. A moins qu’il ait simplement pris l’habitude de vivre avec... Ils s’agrippent à son subconscient avec tellement de force qu’il ne sait plus désormais les différencier du reste. Ou bien... est-ce lui, qui s’y agrippe sans le savoir comme s’il avait voulu leur donner une consistance ? Au fond, ils sont presque... presque confortables, familiers. Ils mettent en scène des spectres qu’il aurait voulu serrer dans ses bras. Ils sont la seule façon de les garder près de lui. Pris d’un léger frisson inexplicable, Sam secoue la tête, chassant résolument ces considérations. Il se lève le plus silencieusement possible pour ne pas réveiller ses camarades, enfile un tee-shirt et consulte sa montre. Encore près de deux heures avant le rendez-vous prévu avec Doct... Avec Sara.

Après une demi-seconde d’hésitation, il hoche résolument la tête. Cela lui laisse le temps d’un mini-jogging autour de la base et d’un passage éclair en salle d’entraînement. Il ne connaît rien de plus efficace pour se réveiller pleinement et chasser les dernières images persistantes de la nuit. Et puis... Pour une raison qui lui échappe, il a besoin de clarifier ses pensées plus encore que d’ordinaire. Est-ce par anticipation ? Le rendez-vous avec la psychothérapeute pourrait-il expliquer le poids étrange dans son estomac ? Elle n’a pourtant rien de bien terrifiant, au fond... Si ? Sam esquisse une petite moue perplexe à ses propres pensées, tout en enfilant une tenue adéquate à la session sportive qu’il s’apprête à entamer. Peut-être un peu... Parce qu’il a l’intime conviction qu’il ne faudrait pas plus à Sara qu’une petite pichenette de sa part pour que l’édifice qu’il a mis des années à construire ne s’écroule de lui-même. Et il ne peut pas se le permettre. Cette simple idée le terrifie.

Elle n’est pourtant pas là pour lui faire du mal, il en est parfaitement conscient. Du moins, la partie rationnelle qui dirige en général la moindre de ses décisions, en est consciente. Le reste est plus confus. C’est une sorte d’instinct de préservation, presque animal, qui le pousse à se réfugier dans ses derniers retranchement. Lors des sessions précédentes, c’était un peu différent. Il n’était pas seul. Il pouvait se permettre de ne prendre la parole que lorsque la politesse l’exigeait vraiment. Mais petit à petit, il n’avait pas manqué de remarquer qu’ils étaient de moins en moins nombreux. Et il avait craint plus qu’il ne voulait bien l’admettre le jour fatidique où il n’y aurait plus qu’eux deux. Aujourd’hui, donc. Les sentiments qui le traversent à cette constatation sont passablement contradictoires. Cela l’inquiète, surtout. Mais après la soirée au gala, durant laquelle ils avaient eu l’occasion de discuter dans un autre décor et de se découvrir sous un angle différent, Sam se sent coupable de réagir ainsi vis-à-vis de Sara. Il a confiance en elle, au fond. Elle ne représente pas un danger. Elle n’est pas une menace. Elle lui a même sauvé la vie, en un sens, lors de cette soirée de tous les supplices. Alors pourquoi ? Le jeune coréen cligne des yeux et, refusant de répondre à cette question, vide son esprit de toute pensée parasite pour se concentrer sur sa course et sa respiration.

Après un tour de la base militaire à une allure rythmée, Sam dérive jusqu’à la salle d’entraînement où quelques séries de tractions terminent de le réveiller et de lui donner la détermination qui lui manquait pour affronter l’épreuve de la journée. Allez, haut-les-coeurs... Un saut dans la douche, un autre dans une tenue neutre de civil, et il prend la direction de Lynnhaven au volant de sa voiture de fonction. Bien qu’il ne se sente pas particulièrement à l’aise lorsqu’il ne porte pas sa seconde peau  (a.k.a son uniforme), il préfère se présenter à elle de cette manière. C’est un masque comme un autre, pas vrai ? Au moment de se garer, Sam sent l’appréhension que sa session sportive avait chassée le gagner de nouveau.

Le problème n’est pas tant de parler d’eux, au fond. Il a déjà commencé à le faire, avec D... avec Sara, au fur et à mesure des sessions précédentes, même s’il ne s’agissait au départ que de petits détails ou de considérations prudentes et sans réelles profondeurs. Après tout... elle sait déjà tout ce qu’il y a à savoir, non ? C’est pour cela qu’elle le suit, et c’est la raison pour laquelle l’armée lui a imposé ses sessions régulières. Pour vérifier qu’il ne pétait pas un câble, right ? Oh, bien sûr, ce n’est pourtant pas plus facile d’évoquer son équipe disparue avec quelqu’un qui ne sait pas ce qu’ils étaient vraiment pour lui. Mais cela, il ne peut pas le lui expliquer. Parce que cela reviendrait à expliquer Minji.

Les mains de Sam se crispent sur le volant à cette pensée. Nope. Elle ne doit surtout pas lui traverser l’esprit. Pas maintenant, s’il te plaît. L’apparition divine d’un Starbucks au coin de la rue le sauve de justesse. Son estomac émet soudain un bruit étrangement similaire au cri d’un Pokémon, et il se gare aussitôt, en constatant qu’il ne se trouve qu’à deux blocks de l’endroit où Sara a son cabinet. Parfait. Une commande passée rapidement et deux minutes plus tard, il entend son nom crié par un employé du Starbucks et se retrouve avec deux cups fumantes et un sachet rempli de viennoiseries au parfum entêtant. Il ne sait pas exactement ce dont Sara et son fils sont friands, il a donc pris un peu de tout... à l’exception des cookies, désormais bannis À VIE de son régime alimentaire.

En voyant l’heure défiler, il accélère un peu l’allure. Si l’angoisse l’envahit de plus en plus depuis que le décompte s’est enclenché... ce n’est pas une raison pour arriver en retard. Autant se faire hara-kiri immédiatement. A huit heures tout rond, Sam fait donc son apparition sur le seuil du bureau de Sara, un sourire sincère mais réservé au coin des lèvres. Malgré lui, il tique en entendant son prénom, prononcé à la perfection par la jeune femme, comme s’il ne se reconnaissait pas tout à fait. Il y a longtemps qu’il aurait dû s’y habituer, pourtant, ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’elle l’appelait ainsi... bien au contraire. Mais c’est plus fort que lui. Fort heureusement, Sara sait parfaitement comment s’y prendre, et la plaisanterie qui suit le détend immédiatement. Il lâche même un petit rire instinctif, tandis que ses yeux s’illuminent à l’évocation du fils de Sara, qu’il se surprend à chercher du regard.

« Bonjour... la pause qui suit paraît durer une éternité, durant laquelle Sam semble se faire violence pour prononcer (sans finir damné, selon lui) le prénom de la jeune femme, ... Sara. »

L’effort est tel qu’il cligne des yeux et s’accorde une demi-seconde supplémentaire avant d’enchaîner, un sourire malicieux au coin des lèvres :

« Il est plein de sagesse, ce petit. C’est Shang que j’aurais dû m’appeler. Ça veut dire ‘supérieur’ en chinois. Tout moi... Le jeune homme esquisse une petite moue d’autodérision à ses propres paroles. En règle générale, il réserve ses remarques ironiques et faussement prétentieuses pour ses compagnons d’armes ou ceux qui lui sont proches. Mais peut-être Sara a-t-elle réussi à le mettre en confiance sans même qu’il s’en rende compte ? Finalement, il ajoute avec un vague haussement d’épaules : Appelle-moi comme tu le désires. J’ai un faible pour les noms de code, de toute façon. »

Sam faillit se mordre la lèvre. Ça, c’est déjà en dire un peu trop. Les noms de code débiles, c’était surtout la spécialité des « ombres ». Il se reprend aussitôt et, sous l’invitation de Sara, entre dans son bureau, après avoir adressé un petit salut militaire machinal au vigile posté près de la porte. Le jeune coréen balaie la pièce d’un regard qu’il tente de rendre le plus neutre possible, même s’il donne très clairement l’impression de repérer dès à présent les issues de secours. Déformation professionnelle, sans doute. Qui n’a pas lieu d’être, d’ailleurs, puisque le bureau confortable et rassurant de la jeune femme ne lui est pas inconnu.

Il est pourtant vaguement déçu de constater que son camarade de jeu n’est pas là. L’avantage de la présence de Samuel, outre le fait de pouvoir débriefer comme il se doit le scénario de Mulan, c’est qu’il lui permet bien souvent de contourner une conversation qui ne va pas dans la direction qui lui convient. Oui, parfaitement, vous avez bien entendu : il se cache derrière un enfant de quatre ans. Et alors ?

« Je me suis permis d’apporter le petit-déjeuner, annonce-t-il d’un ton hésitant. Il ne sait pas trop, encore, quels sont les codes à respecter dans ce genre de situation. S’il est autorisé à appeler son médecin par son prénom...  peut-être a-t-il le droit de lui acheter un muffin ? Il brandit timidement les deux cups encore chaudes et le sac de viennoiseries. Il y en a plus que nécessaire, je me suis dit que Sam’ pourrait profiter de ce qu’il restera. »


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MessageSujet: Re: I'm not your enemy. ☽ Sam   I'm not your enemy. ☽ Sam EmptyMar 26 Fév - 18:55


One of the oddest things about being grown-up was looking back at something you thought you knew and finding out the truth of it was completely different from what you had always believed.
En bonne psychothérapeute tu ne manques jamais de noter les tics de ton patient chaque fois que tu l’appelles par son prénom, son véritable prénom. Tu sais qu’à part avec toi, il n’a plus trop l’occasion de l’entendre, mais tu devines aisément que ce n’est pas pour ça, qu’il y a une profonde blessure dans son passé qu’il a tenté d’enterrer, ou au moins de cacher, en américanisant son prénom. Pour l’heure tu n’as pas encore réussi à vraiment creuser, tu n’as fait qu’effleurer la surface avec Sam, il a construit une véritable muraille de Chine autour de lui. Il s’arrange toujours pour se faire oublier aux sessions en groupe ou à détourner les conversations qui le dérangent. Aujourd’hui pourtant, il n’aura personne derrière qui se cacher.
Pour l’heure néanmoins, tu préfères lancer une petite plaisanterie pour détendre l’atmosphère, la session n’a pas encore commencé et il serait désastreux qu’elle débute avec une certaine tension. Tu souris en entendant, enfin, le jeune coréen t’appeler par ton prénom. Comme lors du gala il semble presque butter dessus, comme s’il devait se forcer, comme s’il s’apprêtait à commettre l’irréparable et qu’il hésitait une dernière fois avant de franchir le pas. Pourtant cela semble débloquer quelque chose, puisqu’il se met même à plaisanter un peu lui aussi et surtout… à révéler quelque chose sur lui. Ç’aurait pu passer pour une remarque anodine bien sûr, mais pas pour lui, tu peux le voir à sa propre réaction ensuite, à sa manière de redevenir lui-même ou en tout cas celui qu’il tente d’être en permanence. « Allons-y alors Capitaine Shang ! » plaisantes-tu encore en refermant la porte derrière lui.

Un petit sourire vient étirer les coins de tes lèvres en le regardant observer la salle. « La seule vraie porte de sortie est celle que tu viens de passer. La seconde au fond donne sur une autre salle où se trouve le reste de mes affaires du cabinet et les dossiers des patients. » énumères-tu même si ce n’est pas la première fois qu’il vient, tu sais qu’il est encore moins à l’aise aujourd’hui parce qu’il sera seul avec toi. « Sur les trois fenêtres une seule s’ouvre vraiment en grand, les autres ne peuvent que s’entrouvrir. » poursuis-tu en continuant à avancer dans la salle pour venir t’installer près du canapé et de la petite table basse où tu lui fais signe de venir poser ses victuailles. « Tu n’es pas mon premier militaire ! » expliques-tu avec un sourire doux, prouvant que tu n’es pas le moins du monde vexée de le voir rechercher instinctivement les meilleures issues de secours. « Merci pour le petit-déjeuner, c’est vraiment gentil. Sam’ appréciera sans le moindre doute tout rab’ ! » le remercies-tu sincèrement. Tu as toujours tendance un peu à manger sur le pouce les matins où tu commences vraiment tôt, généralement parce que tu n’as pas trop faim quand tu te lèves de bonne heure.
Cela t’amuse un peu qu’il ait ramené le petit-déjeuner, il doit se forcer systématiquement pour t’appeler par ton prénom, mais t’apporter un café et des viennoiseries ça par contre… pas de problème. Même si son espoir de la présence de Sam’ pourrait expliquer cette facilité puisqu’elle serait partie d’une envie de faire plaisir à ton petit bout de chou. Tu lui laisses le temps de venir s’asseoir et de sortir ce qu’il a ramené avant de vraiment entamer la session. Tu veux qu’il puisse, au moins un peu, prendre ses aises. « Puisque ce matin nous sommes seuls tous les deux, je te laisse choisir de quoi tu veux parler en premier. » lui proposes-tu aimablement, bien que ce ne soit pas sans arrière-pensée. Un patient dit souvent beaucoup par ce qu’il ne dit pas justement, par les sujets qu’il choisit pour détourner l’attention de ce qu’il veut absolument cacher.

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MessageSujet: Re: I'm not your enemy. ☽ Sam   I'm not your enemy. ☽ Sam EmptyDim 10 Mar - 21:22


I’m not your enemy

Chef, oui, chef ! Sam se retient d’adresser un salut militaire à sa psychothérapeute qui vient de l’affubler du surnom préféré de Bébé Sam (à savoir, Capitaine Shang) accompagné d’un « Allons-y » qui le force doublement à retenir un retentissant « Allons-y, Alonso » (pur réflexe), étouffant sa réaction derrière un sourire apparemment calme. Oui, il a beau venir de l’autre bout du monde, là où le soleil se lève et non se couche... il connaît ses classiques. Il se souvient même avec une précision redoutable de ces après-midi d’oisiveté forcée sur le canapé du Lieutenant Lee, durant les mois interminables qui suivirent le drame de Chiangmai : on avait refusé alors qu’il reprenne du service. Trop dangereux, avaient-ils présumé. Pour qui ? Pour lui, ou pour les autres ? Sam s’était vengé comme il l’avait pu en dévorant Doctor Who à une vitesse ahurissante. A l’époque, c’était comme... une sorte d’anesthésie du coeur. Une façon de ne pas réfléchir. De ne pas ressentir. En tout cas, pas ses propres émotions, mais celles d’un Time Lord plus vieux (ou presque) que l’univers. Il y avait un côté salvateur à cette série british au possible et à ce monde sans queue ni tête qui l’arrachait à une réalité trop cruelle pour être appréhendée.

Bref... Il se retient donc de la moindre remarque cette fois-ci, mais certains réflexes ont la vie dure. Et... et Sara n’a pas manqué de constater son analyse minutieuse des portes de sorties potentielles, à tel point qu’elle lui en fait aimablement une liste exhaustive, des portes comme des fenêtre, avec une précision exemplaire. Damned, comme disent les yankees. Grillé. Le jeune soldat cligne des yeux et entrouvre la bouche, passablement confus. Il ne sait pas s’il est plus embarrassé d’avoir pu faire croire un seul instant qu’il ne se sentait pas le bienvenu ici, ou agacé envers lui-même de l’avoir laissée lire sur son visage aussi aisément que la Une d’un journal. D’ordinaire, il n’a pas son pareil pour masquer la moindre de ses émotions, à tel point que ses camarades de chambrée organisent régulièrement des paris ridicules : à celui qui devinera s’il est dans une colère noire ou bien s’il a simplement envie d’aller aux toilettes. Tssss.

Mais ce super-pouvoir semble s’user progressivement, le jeune homme ne cesse de le remarquer ces derniers temps. Se fatiguerait-il de se barricader à chaque minute qui passe du reste du monde ? Il n’avait pas conscience, jusqu’ici, de l’effort que cela lui demande à chaque instant. Son corps ne semble plus vouloir lui obéir complètement, désormais. Surtout lorsqu’il n’est pas dans son élément, ou lorsqu’il est en présence de quelqu’un que son inconscient sait inoffensif.

« Je... commence-t-il en balbutiant presque, agitant une main en signe de dénégation, puis courbant l’échine comme pour s’excuser platement d’une attitude peu correcte. Ce n’est pas... Je veux dire... Désolé, déformation professionnelle ! »

Comme d’habitude, il en fait trop. Il le sait, d’ailleurs. Il le voit dans le sourire doux de Sara, qui vient de lui assurer qu’il n’est certainement pas son premier militaire. Evidemment, qu’elle ne lui en veut pas. Elle doit avoir vu bien pire que cela, au fond. Mais c’est plus fort que lui. Penaud, il se mord la lèvre et vient docilement s’asseoir sur le canapé en suivant le geste de la jeune femme, posant ses victuailles sur la table basse, victuailles qu’il a bien failli faire voler en tous sens dans la panique.

« Je suis ravi de constater que tout est aux normes de sécurité » ne peut-il s’empêcher d’ajouter, après avoir repris une contenance. L’humour, une arme de destruction massive, et un mécanisme de défense indiscutable.

Tandis qu’elle le remercie pour le petit-déjeuner, il ouvre précautionneusement le sac de viennoiseries, qu’il déchire légèrement pour l’agrandir et étaler les délices qui s’y cachent. Le jeune homme esquisse un nouveau sourire en secouant la tête.

« Ce n’est pas grand chose, répond-il avec un haussement d’épaule, et ce n’est pas complètement inintéressé de ma part, je l’avoue. Je n’ai pas encore mangé ce matin. Je n’aime pas petit-déjeuner aux aurores. »

Sam hésite le temps d’une fraction de seconde. Faudrait-il expliquer plus en détail le pourquoi d’un lever aux aurores, dans ce cas ? Il cligne des yeux. A vrai dire, peut-être en a-t-il déjà parlé lors de sessions en groupe, en contournant le problème et en le « réduisant » à ce qui lui est arrivé en Thaïlande. Après tout, Chiangmai fait partie de ses cauchemars réguliers, sans nul doute possible. Mais ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Étrangement, il se sent coupable de ne pas lui faciliter la tâche. Ce n’est pas honnête, au fond. Sara essaie simplement de faire son travail, pas vrai ? Comment peut-elle espérer le faire convenablement s’il persiste à lui mettre des bâtons dans les roues ? Comment peut-elle réellement l’aider dans ces conditions ? Oui, mais voilà... Comment expliquer sa relation au sommeil sans parler d’elle ? Comment expliquer qu’il n’a plus jamais bien dormi depuis qu’il a traversé la frontière en la serrant dans ses bras ?

Le jeune coréen inspire profondément et plisse les yeux en direction des pâtisseries, comme s’il était aux prises avec un choix cornélien. Muffin aux myrtilles ou brownies ? Il entend tout juste la question de Sara... qui le fait hésiter plus encore. Elle lui remet les rênes de la conversation. Malgré lui, il redresse la tête pour lui adresser un regard surpris. Il ne sait pas exactement à quoi il s’attendait, au fond, puisqu’il s’agit de sa toute première session en tête à tête. Mais visiblement, ce n’est pas l’entrée en matière à  laquelle il s’est préparé.

Le jeune soldat se demande cependant si ce n’est pas plus dangereux encore, qu’un interrogatoire en bonne et due forme. Lui laisser le choix, c’est aussi... le laisser ouvrir la porte le premier. Volontairement. Et s’y engouffrer avec lui. Comment savoir si ce qu’il s’apprête à répondre ne va pas en dire bien plus que ce qu’il voudrait ? Il n’est pas celui avec les super-pouvoirs, ici... c’est elle. Le temps de quelques secondes, Sam se sent mis à nu. Que dire ? Il saisit un muffin comme on saisirait une planche de survie, et se permet une petite gorgée du thé au citron de sa propre cup pour se donner le temps de la réflexion. Bien évidemment, il est conscient que Sara lit le moindre de ses gestes comme aux rayons X. Pourtant, son regard est si calme et son sourire si doux qu’il est bien difficile de lutter contre l’envie de lui faire confiance.

« Et bien... finit-il par dire d’un ton amusé, en picorant dans son muffin d’une main, à la recherche des morceaux de fruits, je pourrais parler de ma récente aversion pour les cookies, de ma violente crise de larmes devant Dragons 3 ou encore de mon nouveau camarade-soldat Deadpool, dont j’ai failli briser en deux la Playstation... Mais je doute que ce soit véritablement ce que tu attends de moi ? »

Sam esquisse une petite moue sarcastique. Yep. L’humour. Quand il n’y aucune autre solution, il reste encore celle-ci. Son visage semble de nouveau lui-même... À savoir, un masque recomposé et complexe, pas tout à fait indifférent de neutralité, non... mais suffisamment lointain et poli pour cacher un univers entier de contradictions derrière son regard malicieux. Il se retient à nouveau de se mordre la lèvre. Cette conversation s’avère plus complexe encore que ce qu’il avait prévu. Parce qu’il s’en veut. Il se sent coupable, à présent, de son côté fuyant et de ce manque d’honnêteté qu’elle ne mérite pas. Peut-être est-ce d’ailleurs pour cette raison qu’il finit par ajouter:

« Je suis désolé. Je n’ai pas l’habitude de faire la conversation... Tu as bien dû le constater au gala. J’aurais été mieux sous la table. »

Le jeune homme penche légèrement la tête sur le côté avec une petite grimace machinale, puis il déchire sans vraiment s’en rendre compte une partie du papier dans lequel étaient rangées les pâtisseries, et le plie délicatement en deux, puis quatre, improvisant un origami dont il n’a pas encore décidé l’issue.

« Pour être honnête... reprend-il d’une voix un peu plus basse, comme s’il n’était pas sûr lui-même de la suite à donner à ses propres mots. Honnêteté. Ce rendez-vous me terrifie depuis plusieurs jours. Va savoir pourquoi... Tu n’as pourtant rien d’un méchant chasseur de dragons. »

Il souligne ces derniers mots d’un petit sourire qui le rajeunit soudain de plusieurs années, relevant la tête de son bout de papier pour planter son regard dans celui de Sara, entrouvrant légèrement la porte qu’il tenait jusque là barricadée.


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MessageSujet: Re: I'm not your enemy. ☽ Sam   I'm not your enemy. ☽ Sam EmptyLun 1 Avr - 12:03


One of the oddest things about being grown-up was looking back at something you thought you knew and finding out the truth of it was completely different from what you had always believed.
À force d’avoir de plus en plus de patients issus du corps militaire tu as appris à reconnaître les signes, les tics qu’ont parfois les soldats quels qu’ils soient, que leurs PTSDs soient très prononcés ou non. Ils ont tous les mêmes réflexes qu’ils soient volontaires ou parfaitement inconscients. C’est comme ça que tu as pu remarquer l’attitude légèrement différente du coréen après qu’il eut passé la porte. Tu lui souris avec une infinie douceur et bienveillance à sa gêne après que tu lui aies énuméré toutes les sorties. Il s’excuse, bien évidemment, c’est dans sa nature. Mais tu balayes d’un geste de la main ses excuses tout en lui expliquant qu’il n’est pas ton premier patient militaire avant de l’inviter à venir s’asseoir autour de la petite table qui trône au milieu de la salle.
Ton sourire s’étire un peu plus quand le militaire tourne à la dérision son propre comportement. Cela fait un moment que tu as remarqué qu’il se sert très souvent de l’humour quand il est mal à l’aise. C’est systématiquement de cette façon qu’il tente de s’en sortir dans un premier temps.

Tu l’observes ouvrir méticuleusement le sachet de gourmandises avant qu’il n’explique que ce n’est pas totalement par pure bonté d’âme s’il a amené le petit déjeuner. « Moi non plus. » répliques-tu, amusée de voir dans quels infimes détails des ressemblances entre le coréen et toi peuvent se cacher. « Si je me lève avant huit heures, j’arrive à peine à avaler un thé et un yaourt en général. » avoues-tu en haussant les épaules. Tu ne précises pas que cela n’arrive que les jours réservés à tes patients militaires pour lesquels tu as été contrainte de commencer tes journées plus tôt et, bien souvent, finir aussi plus tard même si tu essayes autant que possible d’éviter les heures supplémentaires.
Tu le vois hésiter un instant, sans vraiment comprendre la raison. Votre conversation semble tout ce qu’il y a de plus anodin. Faudrait-il que tu creuses un peu ? Non. Pas encore. Tu laisses couler pour l’instant, lui proposant, à la place, d’entamer la session par le sujet de discussion qui lui sied le plus. Ce qui semble le plonger dans une immense perplexité. Ce qui ne t’étonne pas vraiment. Tu as largement pu remarquer lors du gala que la conversation n’était pas le point fort du militaire, même si tu avais noté qu’il avait fait de nombreux efforts.
Tu attends, patiemment, qu’il se décide enfin. Tu ne relances pas, tu l’observes silencieusement avec un sourire bienveillant toujours accroché à tes lèvres. Tu arques un sourcil quand, après avoir enfin répondu, il affirme presque que ce n’est pas ce que tu attends de lui. Tu ris légèrement quand il dit tout haut ce que tu as pensé il y a quelques secondes à peine.

Malgré tout il semble réfléchir sérieusement, il te balance plusieurs sujets, des petites choses qui sont arrivés dans sa vie récemment, du moins est-ce ce que tu supposes. Tu fronces légèrement ton front quand il parle d’une certaine aversion pour les cookies. Qui n’aime pas les cookies ? Tu souris avec tendresse quand il parle de Dragons 3, toi aussi tu as pleuré, à peu près autant que ton fils d’ailleurs. Tu arques un sourcil amusé quand il parle ensuite d’un autre militaire qu’il semble avoir surnommé Deadpool ce qui en dit déjà très long sur l’individu. Tu peux voir le visage du coréen se recomposer en son masque qu’il veut impénétrable afin de cacher ses pensées et ses secrets au fur et à mesure de ses petites blagues.
Tu savais de toute façon que ça ne serait pas facile avec lui. Ce n’est pas dans sa nature, dans sa culture même de se confier sur ses émotions. Pourtant… il semble vouloir essayer. Une part de lui est prêt à se laisser aider, il ne sait juste pas comment. Et c’est à toi de faire ça. À toi de le guider au travers de la thérapie. Quand il relève la tête pour planter son regard dans le tien, ton sourire est aussi attendri qu’amusé par la comparaison. « J’espère bien ne pas ressembler à Grimmel en effet. » plaisantes-tu à ton tour. Tu viens lentement, comme si tu voulais lui laisser l’occasion de se dérober, poser ta main sur l’une de siennes. « Sam, souffles-tu doucement je ne suis pas là pour te faire du mal. Je veux simplement t’aider. » affirmes-tu avec douceur. « Tout ce qu’il se dit entre ses quatre murs est couvert par le secret médical, le privilège médecin – patient. » tentes-tu de le rassurer. « Alors si tu veux parler de Dragons 3, personne n’en saura jamais rien. Tout ce que je dis à tes supérieurs c’est si tu es apte ou non pour aller sur le terrain et si c’est un non est-ce que tu es un danger pour qui que ce soit. » essayes-tu de le rassurer avec douceur. « Alors oui, l’armée t’a demandé de suivre une thérapie par rapport aux événements de Chiangmai, mais chacun à sa façon propre de gérer les choses. Certains ont besoin d’en parler, d’autres l’exorcisent différemment. » ajoutes-tu avec ce ton qu’ont parfois les maîtresses d’écoles lors de leur cours. « Si tu as besoin d’en parler, c’est ce qu’on fera, quand tu y seras prêt. C’est à toi de décider. Pour l’heure on peut parler de ce qui te chante. » termines-tu en te redressant dans ton siège avant d’hausser les épaules, exprimant clairement que tu te fiches pas mal de ce dont il veut parler, du moment qu’il te parle. « Par exemple, pourquoi diable as-tu failli détruire une playstation ? Surtout d’un autre soldat que tu surnommes toi-même Deadpool… ça ne présage rien de bon quant à sa réaction. » plaisantes-tu, un rire clairement retenu dans ta voix.
Tu te doutes que Sam n’est pas encore prêt à te parler de ce qu’il lui est arrivé en mission, et encore moins de ce qu’il essaye de cacher tout le monde. Tu commences à avoir l’habitude des militaires et de leurs secrets. Il est souvent plus facile de les amener à se confier en commençant par des sujets totalement différents de ce pour quoi ils sont là.

EXORDIUM.


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MessageSujet: Re: I'm not your enemy. ☽ Sam   I'm not your enemy. ☽ Sam EmptyMar 16 Avr - 18:39


I’m not your enemy


Pour résumer... Sam est déstabilisé. Cela se voit... plus ou moins, en fonction des réactions qui se succèdent sur son visage au fur et à mesure que la conversation s’installe entre lui et la jeune femme. Il essaie encore, tant bien que mal, de conserver intact le masque neutre qu’il porte quotidiennement comme une armure le protégeant du reste du monde, mais l’exercice lui apparaît de plus en plus compliqué. Pas parce que Sara devient insistante, non. Au contraire. Parce qu’elle ne l’est pas du tout. Parce qu’elle discute, tout simplement. Parce qu’elle l’observe le plus sincèrement et le plus calmement du monde. Parce qu’elle lui sourit avec une douceur qu’il n’a plus connue depuis... il n’est pas sûr de s’en souvenir. Parce qu’il y a dans ses yeux une sorte de bienveillance qui n’est pas faussée par la pitié qu’il croise parfois dans le regard de ceux qui connaissent les évènements de Chiangmai. Non. Ses yeux à elle, comprennent... et semblent vouloir le regarder, lui. Essayer, en tout cas, puisqu’il n’y met pas vraiment du sien. D’où la difficulté de l’exercice.

Le jeune soldat cligne simplement des yeux lorsque Sara lui répond, avec un naturel déconcertant, qu’elle n’a pas non plus l’habitude de petit-déjeuner aux aurores. Oh. Sam est déconcerté. (Il lui en faut très peu, oui). Ce n’est pas tant l’information en elle-même, qui le surprend, que le fait qu’elle ait pris la peine d’y répondre. Wait. Est-ce que c’est comme ça qu’on nourrit une conversation ? En parlant de bouffe ? Ça, il peut le faire, constate-t-il avec un petit sourire ironique intérieur... qui s’extériorise alors qu’il hoche la tête en guise d’approbation. Pour une raison qui lui échappe presque, il lui est reconnaissant de ne pas avoir posé de question quant à ses probables courtes nuits. Il n’est pas dupe. Il a bien compris qu’elle lit entre lignes...  ou plus exactement, qu’elle peut sans peine relever la moindre hésitation dans ses gestes ou sur son visage. Pourtant, elle n’a rien dit. Elle attend très probablement qu’il le fasse lui-même. Sam se retient d’esquisser une petite moue à cette pensée. Il ne sait pas très bien si cette conclusion le rassure ou le terrifie. Les deux à la fois, très probablement, comme toute cette conversation, d’ailleurs.

« J’espère, ajoute-t-il tout doucement en se mordant la lèvre avec un début d’expression consternée. Il vient de réaliser, en lisant lui aussi entre les lignes (et peut-être de travers, d’ailleurs), ce qu’elle vient de dire, que je ne suis pas la raison qui te force à te lever avant huit heures. J’oublie parfois que tout le monde ne se lève pas en même temps que le soleil... »

La simple idée qu’elle puisse s’être obligée à se lever à une heure plus matinale qu’elle n’en a l’habitude, par sa faute, le plonge dans la consternation la plus complète. Pire, presque, que ce fameux jour (terrible) où il avait malencontreusement renversé le café brûlant d’une jeune femme et s’était confondu en excuses des jours durant après le drame. Sam secoue la tête pour maintenir ses pensées dans le présent. C’est compliqué. Son cerveau a mis en place, depuis l’enfance, un millier de mécanismes de défense qui semblent s’actionner d’eux-mêmes malgré toute sa bonne volonté à les en dissuader. L’un d’eux, après l’humour, consiste à faire dériver ses pensées vers des évènements sans graves répercussions, mais qui occultent momentanément le reste, plongeant ses émotions dans une sorte de brouillard opaque et presque confortable. C’est d’ailleurs ce qu’il se produit lorsqu’il finit par lancer, après avoir hésité un moment, des petits bouts de vie sans grand intérêt a priori, pour combler le silence qu’avait laissé planer un instant la dernière question de Sara. Ses pensées s’embrouillent au milieu de tentatives d’humour. Des cookies. Des dragons. Deadpool. Mais qu’est-ce qu’il est en train de raconter ? Il n’en a pas la moindre idée. Il la voit sourire, rire, arquer un sourcil perplexe ou amusé en fonction de ce qu’il lance nerveusement au hasard, comme si... comme si ce qu’il avait à dire était tout de même important et digne de réaction. Le temps d’une fraction de seconde, il se demande même si elle n’ira pas jusqu’à lui répondre.

Son cerveau manque d’enclencher la marche arrière à cette pensée. Abort. I did NOT think this through, constate-t-il avec un début de panique interne que ne laisse pas transparaître son masque recomposé. Et si elle le questionne sur son étrange et récente aversion pour les cookies ? What then ? Ces mécanismes de défense cérébraux ont beau être efficaces, ils ont indéniablement leurs défauts. Fort heureusement, ce n’est pas ce que la jeune femme retient. Sam sourit légèrement, mélange de soulagement et de timidité. Peut-être sa tentative d’honnêteté finale a-t-elle suffi à le sauver d’un interrogatoire en bonne et due forme sur les dangers de la drogue ? Sara préfère rebondir sur son ultime tentative d’humour... et lui faire comprendre, indirectement, qu’elle aussi, s’est fendue d’une séance de cinéma récemment. Il ne peut s’empêcher de laisser échapper un petit rire simple et involontaire à sa constatation. Comparer Sara avec l’horrible et vampirique chasseur de dragons Grimmel, c’est un peu comme d’essayer de se persuader qu’un personnage de Game of Thrones ne va pas mourir. Ça n’a strictement aucun sens.

« Oh, non... réplique-t-il presque immédiatement, comme si, pour la première fois, l’instinct l’emportait sur la retenue. Tu as à peu près autant de points communs avec Grimmel, que moi avec... »

Et on ne saura jamais la fin de cette brillante comparaison. Sam se fige, interrompant à la fois ses mots et les gestes habiles de ses doigts sur le morceau de papier qui commence à prendre curieusement la forme d’un dragon. Pourquoi ? Parce que Sara pose doucement sa main sur l’une des siennes. Le temps d’une fraction de seconde, le corps tout entier du jeune coréen tressaille. De surprise ? Non, pas vraiment. Elle lui a laissé tout le temps de se dérober, en réalité. Il ne l’a pas fait, pourtant. Peut-être est-ce précisément la raison pour laquelle il a frissonné à son contact, d’ailleurs. Parce qu’il ne comprend pas pourquoi il est resté immobile. Il aurait pu esquiver. Habilement, poliment. Il l’a fait des milliers de fois, au fond. A l’exception des survivants des ombres, et peut-être de tante Kim qu’il n’a pas revue depuis trop longtemps, personne n’a réussi à l’approcher suffisamment pour esquisser à son encontre un geste, si infime soit-il, qui veuille dire quelque chose.

Or, ce geste-là est plus parlant qu’un monologue de Racine. Sam sent son coeur remonter jusque dans sa gorge. Il ne comprend pas pourquoi, cependant, et cela lui ferait presque peur. Son corps semble vouloir lui dire quelque chose. Il baisse lentement les yeux jusqu’à la main que la jeune femme a posée sur la sienne, puis les redresse pour croiser son regard, tandis qu’elle lui explique posément et doucement qu’elle n’est pas là pour lui faire du mal, qu’elle est là, au contraire, pour l’aider, et... et, tout un tas d’autres trucs très vrais sur les raisons de sa présence ici. Dont il a déjà conscience, d’ailleurs. Là n’est pas vraiment la question.

La véritable question est surtout logée dans le contact de sa main sur la sienne, dont la douceur presque maternelle ravive d’étranges souvenirs qu’il ne  pensait pas exister encore. Le paradoxe s’intensifie, et une bataille silencieuse s’engage à l’intérieur de son crâne. Son cerveau semble affronter en vain son inconscient, le premier lui criant de s’enfuir à tout prix, quand l’autre lui murmure tout simplement de rester là, parce qu’il en a besoin. Le temps d’une fraction de seconde supplémentaire, il hésite, comme figé par l’indécision, tandis que Sara se redresse dans son siège.

« Je... commence-t-il sans trop savoir ce qui est censé venir après ce petit mot, je sais. » Pour l’instant, c’est tout ce qu’il trouve à dire. Et cela suffit.

Ses yeux se posent, presque incrédules, sur sa main qu’elle a effleurée quelques instants plus tôt. Curieusement, il a l’impression tenace qu’il lui manque désormais quelque chose. Quelque chose d’important. Le jeune soldat se racle légèrement la gorge, et bouge doucement ses doigts, comme s’il avait peur d’en avoir perdu le contrôle. Il observe de nouveau Sara, la bouche entrouverte, la confusion noyant ses yeux sombres. C’est étrange... Cette façon qu’elle a de le regarder avec douceur et surtout de... comment dire ? De le voir. De lui dire qu’il existe vraiment. Qu’il importe. Qu’il n’est pas qu’un fantôme, perdu à la frontière de deux pays, accompagné des souvenirs presque effacés de sa famille. C’est une sensation qui l’inquiète et le conforte tout à la fois. Sara ne le sait peut-être pas, au fond. Comment pourrait-elle le deviner ? Mais dans ses gestes simples et naturels, il y a des mots qu’il entend malgré lui. Non, tu n’es pas le fruit d’un cauchemar. Non, tu ne vis pas à travers les autres. Non, tu ne vis pas que pour retrouver ce que tu as perdu. Tu n’es pas l’ombre de ta soeur. Et non... Non, ce n’est pas ta faute.

Il secoue la tête à cette dernière pensée qui le terrifie plus qu’il ne veut bien l’admettre.

« Je sais, tout ça... s’entend-il répondre d’un ton curieusement posé. Son cerveau semble déployer tous les efforts possibles et imaginables pour projeter un écran de fumée et d’illusions censé faire croire qu’il est in control. Il y croirait presque lui-même. Ses doigts ont même repris leur manège régulier sur le bout de papier. Il ne s’est rien passé. Je le sais. Crois-moi, je me le répète régulièrement. Mais il faut croire que ça... il frappe très légèrement ses tempes du bout de ses doigts pour illustrer ses propos. C’est plus dur qu’il n’y paraît. »

Le jeune homme hausse légèrement les épaules, comme s’il voulait banaliser le contenu d’une conversation qui est (très) loin d’être banale. Il se redresse lui aussi, abandonnant un instant son début de dragon en papier sur le bord de la table, et esquisse un léger signe de tête entendu.

« Je sais aussi qu’il a toujours été question du secret professionnel, son ton de voix se raffermit à mesure qu’il parle et qu’il se cale un peu plus confortablement dans son siège. Tout comme je sais que je peux te faire confiance. Privilège médecin-patient ou pas, d’ailleurs. »

Le jeune coréen ne le laisse pas transparaître, mais ces propres paroles l’ont surpris. Il constate cependant que c’est la pure vérité. Y aurait-il comme un sortilège d’honnêteté qui planerait au-dessus du bureau de Sara ? C’est en s’entendant le dire qu’il réalise qu’il a raison. Oui, il peut lui faire confiance. Mais est-ce véritablement le problème ? Sam ferme les yeux, comme pris d’une soudaine lassitude.

« Mais ce n’est pas... il s’accorde une légère pause, cherchant une formulation plus adaptée en anglais, qu’il ne trouve pas véritablement. Je ne pense pas que cela soit le problème. Ce n’est pas que je ne veux pas t’expliquer, Sara. C’est que je ne peux pas. » Vrai ou faux ? Expliquer quoi, au juste ? Il n’en sait rien lui-même. Ou plutôt, il a peur de savoir. Et il sent une migraine commencer à pointer le bout de son nez. Mécanisme de défense numéro trois. Beaucoup moins sympa. « Tu l’as dit toi-même, on exorcise chacun à sa manière les évènements qui nous hantent. C’est... c’est ça le problème. Je ne sais pas comment m’y prendre. » Étrangement, il cligne des yeux, comme s’il se réveillait d’un rêve. Comme s’il comprenait tout juste quelque chose, en s’entendant parler. Il lui lance alors un regard à la fois perdu et interrogateur. « Qu’est-ce que cela veut dire, exorciser différemment ? Est-ce qu’il y a... je ne sais pas... est-ce qu’un jour on va inventer ce truc génial avec lequel Will Smith flashouille les gens pour leur faire tout oublier ? Est-ce que ça ne serait pas plutôt ça, la solution ? »

Machinalement, il passe une main nerveuse dans ses cheveux moins ordonnés qu’à l’ordinaire, mais qui reviennent automatiquement à leur place initiale, comme par magie. Il est visiblement en train de lutter contre lui-même pour... pour essayer de se taire. Constat d’autant plus paradoxal que d’ordinaire, il est bien difficile de lui faire lâcher deux mots dans une conversation. Ce n’est pas normal. Il n’aime pas ça du tout. Les remparts qui le protègent n’ont jamais été aussi friables. Et puis... Et puis son coeur a loupé un battement en comprenant la teneur de ses paroles. Oublier ? Effacer tous ses souvenirs ? Est-ce vraiment ce qu’il souhaite ? Une vague de culpabilité le submerge soudain. Non. Hors de question. Il détourne résolument ses pensées vers un autre aspect de sa conversation avec la jeune femme.

« Ils me l’ont dit des milliers de fois, oui, soupire-t-il d’un ton désabusé, presque agacé, en agitant légèrement la main devant lui. Ils veulent simplement savoir si je représente un danger en mission. C’est tout. »

Le « C’est tout » paraît avoir une autre signification que celle de clore sa laconique remarque. Cela ressemble presque à... un reproche ? Là encore, il n’est pas prêt à répondre à cette question posée silencieusement à lui-même. Que leur reproche-t-il, au juste ? Et à qui, surtout ? A qui en veut-il à ce point ? Refusant catégoriquement d’y répondre, il prend une profonde inspiration.. et ne peut s’empêcher de sourire, presque rasséréné par la dernière remarque de Sara. L’écran de fumée et d’illusions revient au pas de charge, et son cerveau rétablit aussitôt une stratégie en se raccrochant résolument à la corde qu’elle lui tend pour éviter de tomber. Parfait.

Bon, l’incident des cookies a été évité, thank Bouddha. Elle veut parler de Deadpool ? Ok, allons-y, Alonso. La rapidité avec laquelle Sam reprend contenance frôle le surnaturel. Il se penche vers la table pour récupérer son dragon en devenir, puis esquisse un petit sourire amusé accompagné d’un clin d’œil.

« En tout cas, je vois que certains connaissent leurs classiques. » Retour du mécanisme de défense numéro un, a.k.a l’humour. Ça, c’est fait. Une micro-seconde d’hésitation suit sa remarque, comme s’il effectuait soudain un rapide calcul, qu’il ponctue d’un petit haussement d’épaule enfantin. « J’exagère, explique-t-il finalement avec une petite moue. Elle va très bien, sa console, c’est juré. Parce qu’en effet, je ne serai pas là pour te le raconter, dans le cas contraire, connaissant un peu l’énergumène. Disons que... la partie de jeu elle-même était risquée parce que je n’avais pas approché une console depuis mes crises de colère d’autrefois. »

Sam s’interrompt une nouvelle fois, tout en attaquant l’aile de son dragon avec une attention redoublée. Manipuler ce petit bout de papier avec délicatesse l’aide étrangement à clarifier ses pensées de tout questionnement parasite. Il aurait pu s’arrêter là, d’ailleurs. Mais tout comme il avait eu besoin du contact encourageant de la main de Sara sur la sienne, il a besoin d’en dire plus.

« Quand j’étais gamin, à Séoul, j’ai torturé pas mal de Nintendo. Apparemment, j’avais des problèmes de... Comment vous appelez ça, déjà ? Anger managment ? »

Si la perspective d’évoquer son enfance à  Séoul le rapproche un peu plus de la vérité, il n’en panique pas pour autant. Pour l’instant, en tout cas. C’est un détail qu’il a déjà partagé avec ledit Deadpool, après tout, ça n’est pas si grave. Oui, mais il est parfaitement conscient que c’est à Sara qu’il parle, pas à n’importe qui. La psychothérapeute aux pouvoirs magiques. Alors... alors, ouvre-t-il volontairement la porte un peu plus grand ?


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