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 we're nowhere but now it feels like home (sinai)

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Andrés Fazio
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MessageSujet: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 10 Mai - 16:55

j’pourrais rester des heures dehors, debout, à fondre comme un kilo de glace, à patenter toutes les couleurs du ciel et de la nuit. j’pourrais rester là, à prétendre être le plus fort du monde. j’ai encore de la réserve, j’peux encore ouvrir les boîtes de conserves, monter un mur, changer une ampoule. j’ai encore de la force dans les pouces, dans les doigts, dans les poings que je réserve aux connards qui ont osé vendre mon nom dans la presse. normalement les gens la bouclent, ils choisissent ce qui ne demande pas trop d’effort. ils parlent au futur et au conditionnel et ils disent ‘on ira’ ou ‘on fera’ mais moi non. moi je vois la nature morte, pas un beau tableau, les convives qui s’éclipsent, les fruits qui pourrissent et les verres au milieu du désert carnaval qui pénètrent par les veines et ressortent par le crâne. j’me vois crever là, au milieu de nulle part, dans l’indifférence, la solitude où plus aucun cœur ne vous entend claquer. là-bas il y avait pas de SMS pour dire ‘je te rejoins’ ou pour ‘je t’attends’ ou pour éluder chaque signe de déchirement. quelle défaite. quelle défaite devant le monde. quelle abdication devant le monde. quel monstre pathétique, sans carrure ni panache. l’habit était trop grand pour moi, je flotte dedans, dans mon pantalon, dans mon tee-shirt dégueulasse, je flotte. comme un fantôme. peut-être que si j’fonce dans un mur j’le traverse? peut-être que j’peux toucher mon coude droit avec ma main droite? peut-être que j’suis devenu contorsionniste? ils m’ont donné des vêtements neufs. mon père m’a acheté des vêtements neufs et puis il m’a serré dans ses bras, en pleurant. et il y a quand même une bande de cons qui m’a demandé si c’était mon père. putain. maintenant tout le monde est reparti vaquer à ses occupations, le fameux train-train qui me débecte. ils voulaient fêter ça, comme un superbowl, ces cons. comme si c’était quelque chose qui pouvait être gagné ou perdu. comme si je pouvais être gagné ou perdu. yes, j’suis pas mort, allez, champagne pour tout le monde. comme si c’était une renaissance ou une connerie du même style. merde. j’sais même pas pourquoi ça me travaille autant. qu’est-ce que j’en ai à foutre? j’suis resté là et j’me suis fumé tout un paquet de clopes. j’attendais. j’sais pas ce que j’attendais. j’sais juste que je devais attendre. comme si j’avais encore cinq mètres de lest pour toute liberté. comme si j’attendais mon putain de trek habituel, de faire vingt kilomètres avec des bottes trop petite de trois pointures pour qu’ils puissent se marrer. j’ai attendu parce que j’ai pas osé tout de suite, m’imposer. parce que c’était pas ce qu’on faisait habituellement. dès fois il disait non et je ravalais rancœur et déception pour la fois suivante où il obtempèrerait. mais j’pouvais pas attendre ce soir, j’ai trop attendu, j’ai trop pensé à ce moment, je m’y suis trop raccroché. qu’un non, un non aurait été un coup sec dans la poitrine. un non m’aurait cloué sur place. un non, la possibilité, la découverte d’un autre corps que le mien. d’autres mains. un autre corps, une autre peau à respirer le matin. ma colonne vertébrale aurait lâchement abandonné tout ce qui la soutien. comme un avachissement, comme un cheval qu’on abat d’une balle dans la tête et qui s’écroule. un cheval plus bon à rien, fourbu, foutu. non, c’est pas possible ça. impossible- on m’a donné un nouveau téléphone. j’ai plus aucun numéro dedans, mais j’en garde qu’en même un, en mémoire. j’sais pas si c’est une bonne idée, il pourra pas dire non sinai. il aura pas la main de passer pour un connard. mais j’le fais, j’envoie le message. un bref message, sans rien dedans. vide. qui flotte, qui va là où il veut. qui ne veut rien dire. qui ne veut pas dire ‘tu me manques’ qui ne veut pas dire ‘j’suis un abruti fini’ mais c’est ce que ça veut dire, si il y a besoin. j’avance devant la porte. c’est exactement comme, la dernière fois. quand je lui avais dit que c’était un bon et gros connard. quand j’ai pris la voiture en affichant un doigt d’honneur clinquant par la vitre en guise d’adieu. putain. j’suis tellement désolé, maintenant. j’ai tellement pas les mots, maintenant. j’suis dégoûté. j’lui dis que j’serai là dans dix minutes- même si c’est faux. j’suis déjà là, dans l’angle à vouloir faire demi-tour, j’essaie de me trouver une bonne excuse même si c’est injuste et puis j’finis. je passe pas par la porte d’entrée, j’arrive directement par le petit portillon qui donne sur son jardin, parce que j’passe toujours par là quand il est tard, et il est tard, trop tard pour demander pardon.  
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 10 Mai - 17:55

♛ we're nowhere but now it feels like home
   
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Tu attends. Tu attends, depuis trois putains d'années. T'attends, de voir son visage, ses traits, ses humeurs, t'attends. T'attends parce que tu sais rien faire d'autre que ça. Tu peux pas courir jusqu'au bout du monde pour le rechercher. Tu peux pas négocier, tu peux pas dire, les gars, prenez moi à sa place. Parce que c'est pas comme ça que ça marche. Ça fonctionne dans les films, pas dans la réalité. La réalité, elle est bien plus dure que la fiction, elle prends aux tripes mais on peut pas la laisser derrière les portes closes des salles obscures. On peut pas y échapper, faire comme si elle n'existait pas. T'as essayé pourtant. Oh oui, tu as essayé, et plus d'une fois. Mais c'est pas possible, y'a pas que toi dans la vie, y'a pas que l'égoïsme monstre des hommes, y'a tout le reste. Y'a ce tendre visage, qui a du subir ta mauvaise humeur, ton inquiétude, tout ce que tu n'a jamais montré en public. Tout ce que t'as pas voulu montrer aux gens, tout ce que t'as intériorisé. Tu voulais pas l'inquiéter avec ça, tu voulais pas la décevoir, de voir son père si mal en point. T'es pas seul, Sinai, malgré tout ce que tu peux ressentir quand il s'en va. Quand il part, parce qu'il sait pas rester. Parce qu'il a jamais su rester, comme elle d'ailleurs. Peut-être que c'est toi, qui fait que les gens partent ? Peut-être que tu n'as pas assez de panache ou de courage, pour que les gens s'accrochent à toi et restent, plutôt que de partir au front, en mission. Mais tes pensées sont faussées, parce que t'as fait pareil des années. Tes pensées sont hypocrites, alors tu préfères plonger ta cuiller dans le lave-vaisselle, et tes mains tremblent encore en pensant à lui. T'as lu son nom sur le journal. T'as cru l'entendre à la télévision. Ça fait plusieurs jours. Un héros, qu'une femme attends certainement dans sa maison en brique blanches et aux clôtures de la même couleur. Une femme qui doit être bien fière et heureuse que son mari retenu en otage soit de retour, mais qu'on montre pas par pudeur pour la famille, et pour leur sécurité. Tu parles d'une sécurité. L'assiette glisse dans tes mains, manquant de peu de s'éclater sur le sol. C'est toujours comme ça quand il y a des libérations. On est joyeux, on fait la fête pendant deux jours, et puis on oublie le reste. Toi, t'as tout oublié de la tienne, à part le visage de Beth qui t'attendait au retour. Elle avait dormi sur la base, était restée dans cet état de mi-sommeil, mi-éveil pendant des heures le temps que ton avion atterrisse sur le sol américain, pour être là à ton arrivée. Toi t'as pas été là pour son retour. Il est parti, trois ans, et les derniers mots ont étés des insultes. Et t'aurais du courir après lui, et le sortir de sa mission par la peau des fesses ? Non, t'aurais pas pu, tu savais même pas où il était. Tu sais jamais où il s'en va, quand il te dis qu'il part le soir-même en mission, et que t'as plus de nouvelles pendant des mois. Qu'il fini par t'envoyer un sms pour te voir, parce qu'il est enfin revenu d'une mission, et qu'il est pas mort. Mais trois ans. T'as passé les premiers mois sans broncher, l'habitude, et puis les suivants à t'inquiéter. A craindre sa mort. T'as paniqué, t'as essayé de savoir, personne voulait te dire. Pourquoi ils auraient dit quelque chose à un ami, d'ailleurs ? Tu ricanes en lançant le programme du lave-vaisselle, les gens sont tellement aveuglés par leurs petit stéréotypes qu'ils ne voient finalement pas grand chose. Tes mains sur l'essuie, ton téléphone posé plus loin, tu finis par attendre qu'il franchisse la porte. Qu'il finisse par se montrer, le sale lâche. Il savait que tu n'avais pas son nouveau numéro, et que t'étais dépendant de ses premiers pas. Et putain, t'as cru qu'il ne le ferait jamais. T'as reçu la notification de son message, t'étais entrain de boire une bière dans le canapé, t'as failli t’étouffer. Trois ans, et il dit rien d'autre que ça ? Qu'il arrive, comme une fleur ? T'as ravalé ta fierté, les mots acerbes, et tu lui a pas dit non. Tu t'es levé, t'es parti ouvrir la porte de derrière, et t'es allé mettre la vaisselle au sale, plutôt que de la lancer sur lui. Une grimace sur ton visage, tu reprends une longue gorgée de ta bière avant de jeter la vidange dans la poubelle, attendant, comme toujours que la porte s'ouvre et dévoile sa silhouette. Attendant, les mains vides et le cœur bancal, à ressasser les derniers instants. T'as le palais brûlant, les pensées qui déraillent sur la marche à suivre. Trois ans. Trois ans, putain. Trois ans, et tu sais pas quoi dire.


   
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Andrés Fazio
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 10 Mai - 19:11

c’était pas comme quand papa partait pêcher et qu’il ne revenait que le lendemain, que je m’empressais de lui faire voir mes constructions en kapla et qu’il feignait de s’y intéresser alors qu’il était sur les rotules, juste pour pas me faire de la peine- mais j’avais l’impression de faire quelque chose de bien. là j’avais l’impression de faire quelque chose de mal, parce que ça ne se comptait pas en jours mais en années. trois ans, peut-être un peu plus, peut-être un peu moins. j’ai perdu la notion du temps, après, plus tard, demain, jamais mais j’suis quand même là. j’pensais pas refouler sa pelouse pourtant. j’pensais pas le revoir là, avec trois ans de plus dans la tronche- mais j’ai oublié, exactement. les petits détails. il est sur un foutu piédestal sinai, il le sait pas encore, ou peut-être qu’il le sait, qu’il intériorise comme j’intériorise quand je lui dis ‘je pars’ et qu’il dit rien. quand il dit rien. même quand il dit rien il dit quelque chose sinai. je dis quelque chose. là tout de suite, il y a rien qui sort, j’peux pas lui bégayer de plates excuses. j’veux qu’on fasse semblant, comme avant, comme si j’étais parti deux mois. comme si c’était pas important, mais ça l’est. parce que j’ai pas de blague non plus, ça fait longtemps que j’ai arrêté d’me la ramener. j’ai fait profil bas, j’ai fait ce que j’avais à faire, pour rentrer. pour quitter ce putain de pays. de merde.
et être là, pas à me morfondre sur mon sort non, mais à chercher quelque chose d'intelligible, de logique, quelque chose qui apaise. qui élude ce merdier, qui me donne une minuscule marge de manoeuvre. il avait pas besoin de dire quelque chose sinai, ni de bouger. il était là, c’était déjà beaucoup. il était comme ce putain de jésus superstar tout de suite. et il avait été là, pendant trois ans, sans qu’il ne le sache, à me rappeler mon foutu nom. j’aurais brisé le soleil en deux pour être là il y a trois mois et encore que le soleil c’est pas grand chose. maintenant j’pouvais pas aligner trois mots. c’était comme un rêve, c’était tellement comme un rêve que j’ai humé l’air, discrètement. ça sentait la pelouse fraîchement tondue. ça sentait quelque chose. j’me suis avancé, jusqu’à lui, sans mon habituel sourire imbécile. ce même sourire que j’affiche comme si tout m’était dû. comme si j’tenais tout le monde dans la paume de ma main. j’me suis jamais méfié, du revers de la médaille, des belles décorations qui font de toi quelqu’un de bien. est-ce que j’étais quelqu’un de bien quand je partais en en ayant rien à foutre ? est-ce que j’étais quelqu’un de bien maintenant ? j’étais un héros dans mon service mais qu’est-ce que j’ai fait moi, concrètement ? que dalle. j’ai pensé qu’à moi, tout du long. quand j’suis pas en mission, je prends et je donne quasiment rien. et lui il est là, il est toujours là sinai, à tolérer toutes ces conneries, ce cirque perpétuel. et j'agrippe pas sa taille pour pleurer un bon coup sur son épaule. j’sais pas faire ça aussi bien que dans les films. je m’écroule, sur lui, c’est tout. le visage contre son torse, quasiment sous son bras. et j’pleure pas, j’peux plus mais c’est tout comme, j’ai qu’une sale grimace de dépit. parce que j’me sens affreusement coupable, pas pour les insultes, pas pour le doigt rageur, pas pour le départ, pas pour les trois ans, pas pour mon égoïsme pathologique mais pour tout. pour tout.  
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 10 Mai - 20:06

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Il avance et il n'y a toujours rien qui sors de ta bouche. T'as le palais sec, alors qu'un léger tic fait se relever ta lèvre quand la porte se ferme derrière lui en faisant du bruit. C'est pas une apparition non, c'est pas un hologramme, c'est pas une fausse idée. Il est là, l'air fatigué, le regard plus sombre qu'avant et les traits plus prononcés. Tu sais pas ce qu'ils lui ont fait, t'as pas voulu lire l'article, qui ne le mentionnait d'ailleurs peut-être pas.  Tu veux qu'il te le dise à toi, pas à travers un bout de papier que tu as fait brûler dans le jardin, tout au fond, sur un tas de branches à moitié pourries. Ça a fait une fumée d'enfer, et t'as même cru qu'il le verrait de là où il se terrait. Enfin. Ça t'a traversé l'esprit, de même que la pensée bien moins agréable qu'il avait sans doute fait une croix sur toi. Il n'aurait pas osé, quand même ? Tu en as douté, jusqu'à ce qu'il pousse la porte de chez toi à deux heure du matin, comme s'il était légitime dans cette maison après l'avoir désertée si longtemps. T'as appris, pour le fait qu'il ait foiré sa mission. T'as fait des pieds et des mains auprès de tes connaissances pour savoir où il en était. Ils t'ont rien dit, rien d'officiel, mais ça t'a suffit pour espérer son retour prochain. La blague. Mauvaise, d'ailleurs. Il t'a habitué à mieux. Même dans ses insultes, il était inventif. Là, il est juste éteint, alors qu'il n'y a toujours aucun mot qui est sorti. Aucune exclamation, aucun son. Comme si c'était pas réel, qu'on regardait un film muet. Dans les films romantiques, c'est pour ne pas briser l'instant. Dans les films comiques, c'est pour démontrer l'étendue des dégâts. Dans les films d'horreur, c'est pour garder la tension, capter l'attention. Alors pour le coup, c'est plutôt la comédie qui l'emporte. Il a pas besoin de ce silence pour capter l'attention Andrés, il a toujours ton attention. Même quand il t'abandonne. Il prend la peine quand même de venir te dire au revoir, Andrés, parce qu'il peut pas être salaud à ce point, mais y'a des moments où tu en doutes. Parce qu'il est un électron libre. Parce qu'il y a des jours, ce sont les cris qui priment, les disputes qui séparent. T'es pas fichu de le retenir, quand il s'en va bouillant de colère. T'es pas capable de lui dire en face que tu voudrais qu'il reste. T'as l'impression qu'il le sait, qu'il est au courant, et ça te suffit. T'aimerais bien, toi, faire comme s'il n'était parti que quelques mois. Tu voudrais bien, effacer ces années, mais tu peux pas. Au fond de toi tu peux pas faire comme avant. Avant, tu savais qu'il rentrerait, parce que c'est comme ça que ça fonctionnait. Tu l'attendais, il revenait, tout recommençait. Mais là. Là tu prends une grande inspiration, tu t'étais pas rendu compte que ton corps était tendu comme un arc. Tu t'étais pas rendu compte que tout ton corps attendait la suite, sans prendre la peine de fonctionner correctement. Un jour, il te tuera. Et toujours sans un son, il s'écroule sur toi. Et ça te fends le cœur. Il te tuera Andrés, et tu sais pas si ce sera par passion ou par colère. C'est drôle, d'emmagasiner autant de sentiments négatifs, et de les voir presque s'évaporer, pour un instant. Tu restes quelques secondes sans bouger, la machine toujours en off, avant que le cerveau comprenne. Que ta main vienne se poser contre sa nuque, et que tes lèvres se posent un instant sur le sommet de son crâne. Que ton menton remplace ces dernières, tremblantes. Tu ne lui diras pas qu'il t'a manqué, c'est évident. « Je suis là. » Et c'est tout ce que tu trouves à dire, alors que même ta voix tremble, que tout tremble. La seule chose que t'es capable de prononcer, les seuls mots complètement dénués de sens. Trois mots, des banalités, y'aurait tant d'autres choses à dire mais c'est ce qui est sorti. Tu te sens ridicule, mais tu fais comme si de rien n'était.


 
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Andrés Fazio
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 10 Mai - 21:38

il est là, évidemment qu’il est là. si j’peux le toucher c’est qu’il est là. si j’peux le toucher c’est que j’suis là, pour de vrai. j’agrippe ses fringues, un instant. je prends une grande inspiration, un instant. quelques secondes. une minute. trois minutes. je sais qu’il est là. c’est ça qui me fait aussi mal, c’est ça qui fait que j’suis vivant tout de suite maintenant. il est là, ouais. il est là. juste devant moi. chez lui, même si chez lui, c’est un peu chez moi parfois. quand il me met pas une crampe, quand il refuse pas, quand il ne trouve aucun prétexte pour se défiler. mais aujourd’hui j’peux pas le détester pour tout ça, aujourd’hui j’ai la mâchoire rompue, incapable. c’est pas tant le message salutaire. il pourrait me raconter les aventures de coco le lapin sinai, que ça m’foutrait en l’air quand même. sa voix, que j’ai oublié. on se rattache à un visage, à un sourire, on se souvient de moments comme d’une compil youtube et bizarrement, on coupe le son, comme si c’était plus percutant à l’image alors que j’me serais damné pour tomber sur son répondeur téléphonique. alors juste un ‘j’suis là’ juste ça, c’était énorme. je sais. je sais qu’il est toujours là, maintenant c’était normal. comme un pirate qui retrouverait son port de plaisance. mais c’était pas aussi évident que ça en avait l’air. il y avait pas de promesses, pas de for ever crevé sous l’oreiller. en apparence, il y avait même rien du tout qui me reliait à lui. mais ça n’a jamais été naïf de m’y rattacher, de m’y accrocher. c’était dur mais pas insurmontable. ça aurait été insurmontable de le perdre, par contre. ça aurait été au-dessus de mes forces de tirer un trait là-dessus, même si c’est que dalle. c’est pas parce que ça n’a pas de nom que c’est que dalle. il est là, ouais. c’est pas facile à appréhender. mais j’peux le sentir, ressentir quelque chose qui n’est ni haine ni peur ni ennui. alors ouais, j’pleure encore, j’ai même l’impression de revivre une deuxième fois la mort de mufasa. bordel. de. merde. j’ai pas arrêté de la journée, j’en ai marre des retrouvailles. j’le verrais pas si j’étais pas contre lui, sinai, j’le sentirais pas tressaillir de l’intérieur comme un mauvais coucou. c’est marrant comme ça prend de l’importance, d’un seul coup. j’voulais pas lui faire de la peine mais c’est le cas. j’aurais dû tout creuser à la pelle en arrivant.
ça va aller. c’est pas important. ça ira mieux d’ici deux semaines. j’veux plus ressentir ça, même si, j’me suis rarement senti aussi bien de toute ma vie. j’ai l’impression, de pouvoir le voir. pas seulement les expressions de son visage, ses os, les cicatrices qu’il garde sans jamais se plaindre. je peux le voir. ce qu’il y a sous ses entrailles, ce qui dort habituellement, comme un volcan. j’suis pas quelqu’un de bien, quelqu’un de bien ne fait pas ça. quelqu’un de bien ne provoque pas ça. on ne mérite pas ça, ni lui ni moi. je pourrais m’époumoner cent ans contre lui, à enrayer la haine qui me bouffe comme un cancer. j’pensais en partant, que ça m’ferait rien. mais c’est pas le cas, faut croire que non. j’serais pas là dans le cas contraire, comme un pécheur, coupable, décérébré. j’arrête de m'apitoyer, de l’apitoyer. j’ai jamais été bon pour raconter des cracks alors j’ferais aussi bien de fermer ma gueule. j’ai pas envie que ça change, que ça se transforme, que ça se détériore. j’aimais ce que j’avais. j’aimais qui j’étais. j’aimais qui j’étais quand il était là sinai. maintenant j’me déteste. je déteste ce sac d’os ambulant, livide comme la mort. comment on peut supporter ? comment ça se supporte ? quand on siffle je lève la tête merde. j’me redresse, lentement. je prends le temps de regarder son visage. ça m’a manqué. il m’a manqué putain. t’as pris des rides dégueulasses. j’esquisse un sourire, moqueur. j’essaie tant bien que mal de tasser l’histoire. mais j’vais faire semblant de croire que t’es comme le bon vin.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 10 Mai - 22:26

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T'as pas l'air con, avec ton discours de film, pas l'air con à essayer d'oublier les trois ans, de rien laisser transparaître alors qu'au fond y'a toujours cette colère au fond de toi. T'as toujours ce semblant de rage au ventre qui croît, puis qui s'estompe quand tu le regardes plus fragile qu'avant. C'est pas tant le changement, même quand il ne partait que trois mois, il était changé. Des tatouages en plus, des cicatrices, quelque chose. Là c'est pas un changement normal, c'est pas un changement subtil, c'est fracassant. Tu penses à cette assiette qui a failli éclater en morceau, c'est une belle métaphore pour dire qu'on a aucun pouvoir sur les choses. Et tu sais pas pourquoi t'acceptes si facilement qu'il soit là dans tes bras, à te dire qu'il sait, alors que tu voulais encore l'incendier quand tu as lu son message, même pas signé d'ailleurs. Mais qui d'autre aurait osé t'envoyer un sms pareil ? Personne. Pas à deux heures du mat, alors que tu bous devant un match de catch et que t'as juste envie de vraiment te défouler, pour une fois. Sauf que c'est mort, le catch, avant même que t'y prenne goût c'était mort. C'est con d'aimer un sport que tu pourra jamais pratiquer, parce que t'as ces putain de séquelles miroir, et que t'as pratiquement cinquante ans. Quand il est parti, t'avais pas encore quarante-cinq ans. T'avais pas encore passé le cap. Il était censé rentrer à temps pour les fêter avec toi, il est jamais rentré. En retard. Il te l'a même dit, m'attends pas, pendant que vous vous disputiez. Pendant qu'il te disait avoir sorti ta fille de la merde dans laquelle elle s'était fourrée, et que tu enrageais de l'entendre dire tout ça. Ta fille c'est ta princesse, la critiquer c'est s'attirer tes foudres, et même lui le sait. Même lui le savait, alors pourquoi ? Tu sais pas. Enfin, si, tu sais, c'est parce qu'il aime mettre le doigt sur ce qui va pas. Sur ce qui fait mal, mais t'es pas en reste. Quand il se barre comme ça, en pleine dispute et que tu sais pas faire autrement que lui balancer des assiettes. Que t'es incapable de rester calme, alors que tu fumes clopes sur clopes en attendant que l'orage passe. Y'a des fois, tu as juste envie de lui en mettre une, quand il va trop loin. Envie que les actes prennent le pas sur les mots, parce qu'il y a que ça de vrai les actes. Y'a qu'à vous voir, à jamais oser dire certaines choses alors que vos gestes prouvent le contraire. Vous êtes deux couillons, et toi encore plus à accepter sans broncher. A accepter ce qu'il te dis comme si c'était le messie, ton messie. Tu fronces les sourcils, le mensonge proféré par le prophète. Blasphème. Ton visage se crispe, c'est pas comme si c'était la première fois. T'es pas aussi détendu que les scénarios l'envisageaient. Dans les livres et les films, c'est l'amour qui déborde, c'est pas cette sorte de magma implacable dans lequel vous êtes englués. Et sans doute que ça te fais des rides, trois ans, comme il dit. T'es pas dupe, pourtant tu fais comme si. « J'y suis habitué. » Tu lâches instantanément. Tu regrettes pas. En fait, si. Mais c'est trop tard, comme beaucoup de choses. T'aurais pu dire pire, au fond. « Mais j'espère que tu m'inviteras à boire un bon bourgogne, maintenant que tu es là. » Tu tâches de rattraper la faute, de rattraper le retard. T'es pas aussi doué que lui pour faire semblant, même si tu te défends. « Enfin, si tu restes bien évidemment. » C'est ce que tu veux toi. Qu'il reste. Cette nuit. Ce matin. Cette vie. Qu'importe, tant qu'il ne repasse pas cette porte pour ne plus jamais revenir. Ce serait trop dur. Invivable. Tes traits s'adoucissent, t'y travaille, c'est pas la peine de garder le masque. Il est là, et t'aimerais dire que c'est le principal, mais tu sais pas dire les mots. Alors, t'enlèves ta main pour effleurer la sienne. Et tes yeux bleus le dévisage, et ce que t'y vois te plait pas, c'est pas trois ans et des rides qu'il a pris, c'est pire. Ça doit se voir sur ton visage, que t'es dubitatif, parce qu'il y a des expression qu'on sait pas cacher, même quand on essaie.


 
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 10 Mai - 23:43

il est quand même beau, ce con. même avec trois ans de trop sur la face. il est beau quand il fait pas la gueule sinai. mais s’il s’est habitué, moi aussi je m’habituerai, c’est pas bien difficile. j’pense bien pouvoir m’adapter à tout maintenant. et puis c’est pas nouveau, ça fait douze ans qu’il a sept ans de plus, ça fait douze ans que j’fais mon malin mais voilà, moi aussi j’ai quarante piges. et moi, j’vais pas m’y habituer tout de suite, ça me fout les nerfs d’avoir perdu trois ans dans un trou aussi sordide. le bon bourgogne on va l’prendre, direct. on peut il y allait tout de- il fait nuit, ouais. il est deux heures du matin aussi. j’suis pas que partiellement à côté de la plaque ce soir. j’sais pas trop si c’est le décalage horaire ou l’émotion des vingt-quatre dernières heures. ça doit sûrement être un peu des deux. mais c’est pas grave. on ira demain. je claque ça, comme ça. naturellement. sans vraiment lui laisser le choix. alors que la réalité, piquante, reprend ses droits dans sa bouche en me laissant un goût acide et pâteux dans la mienne. je fronce les sourcils, j’imite ses intentions. j’ai pas l’intention de bouger, j’ai même pas l’intention de prendre de la place. j’peux même me contenter de la terrasse, qu’il le veule ou non. si tu me laisses rester je reste. je dis, comme une évidence parce que dans ma tête c’est une évidence. est-ce que j’ai envie de rester seul ce soir ? non, j’pourrais dormir dans le lit de n’importe qui juste pour pas être seul tellement ça me ronge les tripes. j’ai l’impression d’être traqué dans un souvenir trop réel. comme si on m’accordait une pause clope. comme si la jungle était sous ces étoiles à se foutre puissamment de mon incrédulité. son pique prend pas à sinai, ou si peu. j’sais que c’est ce qu’il me reproche habituellement mais j’risque pas de me tirer le mois prochain, ni dans deux mois, ni dans trois mois. j’sais pas quand. j’sais pas si j’pourrais, si j’peux encore gérer quoi que ce soit après un échec aussi retentissant. peut-être qu’il attend des excuses, pour de vrai. peut-être que c’est pour ça qu’il me dévisage, ou alors c’est à cause de mon corps d’allumette tout pourri. j’sais que j’dois me raser, pas la peine de faire cette tête. je sais très bien que c’est pas pour ça, et ça m’file le bourdon d’effleurer sa main. j’ai touché personne depuis trois ans moi, putain. j’sais pas lui, j’veux pas savoir, ça changerait rien. j’espère. moi j’peux pas juste l’effleurer, je la touche, je la pince sa main. on sait jamais, qu’il s’évapore sinai. si je plaque mes lèvres contre les siennes, est-ce qu’il s'effrite comme un vieux souvenir sinai? non. jamais. il est pas partiellement là. ça me donne un cafard quasi immédiat. il a bu de la bière, depuis quand j’ai pas bu une bière moi ? tu me fais rentrer ou j’dois signer une clause de confidentialité ? je caresse ses phalanges, du bout des doigts, avant de rompre tout contact. j’suis pas là pour le cul, faudrait pas qu’il pense le contraire. d’ailleurs j’ai tout sauf la tête à ça, j’ai la tête à rien, en fait. je frotte ma joue contre mon avant-bras. j’espère très franchement en avoir fini avec le manque, et la joie, intense, trop forte, de le revoir. même si j’vais pas me mettre à jeter des cotillons partout comme un débile pour lui démontrer par A + B - Y qu’il m’a affreusement manqué et que j’me sens maintenant comme une sous-merde.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Ven 11 Mai - 0:27

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Tu t'en fous du bourgogne, tu t'en fous du vin, du rouge du rosé, du blanc. T'en a strictement rien à faire, c'est pas du vin qui va le garder, c'est pas du vin qui va le faire rester. C'est ta seule préoccupation oui, la seule qui vaille la peine en tout cas. Parce que c'est pas certain qu'il reste jusqu'au matin. T'as cette palpitation, ces ventricules qui bazardent tout et rien, heureusement que c'est pas lui aux commandes. T'imagines, si t'étais juste gouverné par ton cœur, les conneries que tu débiterais maintenant ? Tu serais dégoulinant, niais, naïf. Il dit, Andrés, il fait comme s'il allait rester. Mais tu sais que c'est pas le cas, même si t'y crois à chaque fois. T'y crois jusqu'au plus profond de tes tripes, et puis il repart pour d'autres aventures. Milles fois tu t'es demandé pourquoi, pourquoi de tous les mecs sur terres, t'as choisi celui dont la profession l'oblige à se barrer la moitié de l'année. Ton psy te dirait que c'est parce que t'es pas capable de t'engager sur le long terme, alors tu choisis un mec qui est pas toujours là. Comme ça, tu l'apprécies uniformément : quand il est trop là tu le jartes, quand il est pas assez là, il te manque jusqu'à en crever. Y'a pas de demi mesure dans tes sentiments, Sinai, c'est ce qu'on appelle être entier. Et c'est surtout ce qu'on appelle être con, pas savoir faire de compromis. Tu le déteste et tu l'aimes. C'est pas dissociable. Ça l'est pas, ça l'a jamais été, c'est comme ça depuis douze ans. Douze ans où tu lui es fidèle, qu'importe la période de l'année. Qu'importe les mois qu'il passe à l'étranger, c'est son côté du lit vide qui te berce les soirs d'absences. « Oué, demain. » Ça fait loin demain. Ça fait surfait, demain, surréaliste. Tu sais même plus quand il est rentré, et si t'avais pas les pieds posés au sol tu te demanderais bien encore où tu es. Peut-être que t'es sur le sol de l'aéroport, avec des dizaines de regards curieux posés sur vous ? T'en serais malade, c'est pas ton genre de t'afficher, pas comme ça en tout cas. Pourtant il te suffit de regarder ailleurs que dans ses yeux pour voir que t'es juste chez toi, que tu t'es pas téléporté, que t'as pas remonté le temps. Oh, t'aimerais bien, pour lui dire de rester, ce jour-là. Mais il t'aurais pas écouté, il t'écoutes jamais. Tu lui réponds pas, ton geste est suffisant pour lui dire de rester. C'est pas comme si t'allais le mettre dehors, tu ferais jamais ça. Enfin. Tu l'as déjà fait, mais tu le feras pas ce soir en tout cas. Tu te rends même pas compte que tu continues de le dévisager - ou si, mais c'est pas grave. La barbe lui mange le visage, il a les joues creuses et l'âme de cuisinier en toi n'as qu'une envie, c'est combler les creux. T'en feras rien pourtant, parce que t'as ce côté rancunier qui t'en empêche. Andrés, il réveille des parties de toi qui sont pas géniales, qui sont pas appréciables. T'es pas toujours le gars souriant derrière ses fourneaux, qui se prête allègrement aux jeux de mots et aux ricanement sonores, t'es aussi ce mec qui encaisse, et qui a force d'encaisser explose. « T'es vraiment une brute. » Tu lâches, alors qu'il te pinces la main, qu'il la caresse ensuite. Tu le regardes en coin, incertain alors qu'il la laisse tomber, te demandant pour rentrer enfin. Tes yeux le lâchent un instant, ton corps s'écarte pour le laisser passer. « Après toi. » Tu lâches, esquissant une parodie de salutations royales. T'es vraiment con quand tu t'y mets. « Tu veux quelque chose ? » L'hôte imparfait. Au fond de toi, y'a cette phrase qui tourne en boucle, demandes moi ce que tu veux je te donnerais tout. Et puis y'a le cerveau, celui qui dirige, qui rappelle à l'ordre. Qui rappelle de pas dire trop de conneries mielleuses. Qui dit de se taire, quand on a rien à dire, ou qui parle trop, quand il y a trop à dire. Lui aussi, il connait pas trop le juste milieu.


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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Ven 11 Mai - 1:18

j’manque de m’étouffer de rire quand il dit brute sinai. ok, parfois, il m’arrive de mordre dans le feu de l’action mais c’est pas volontaire. pas réfléchi volontaire du moins. est-ce qu’il y a différentes formes de culpabilité déjà ? aucune idée. après toi, qu’il dit, qu’il fait comme si je gouvernais le pays. l’idée est plaisante, mieux, il arrive à me tirer un sourire franc avec ses conneries. par éclipser la rage-parasite qui me scie le bide. alors je fais comme chez moi. une partie regrette d’avoir demandé à rentrer, instantanément. d’avoir craché la formule magique sans réfléchir. c’est ce qu’on fait, pourtant, quand on rend visite à quelqu’un: on entre. on prend le thé, le café ou l’apéro, la bière ou le pack de bières dans mon cas. quelque chose, mais on rentre. entre quatre murs, sous un toit. à l’intérieur, enfermé. ça me prend dès qu’on passe la porte de son garage pour aller à l’intérieur-intérieur. directement dans son salon. je supporte plus, d’être enfermé. même dans une pièce aussi large que celle-ci, mais j’dis rien. j’suppose que c’est normal que ça fasse, simplement bizarre ? que j’vais devoir me réhabituer. fatalement, j’suis en dehors. inadapté. il me demande c’que je veux sinai, je crois qu’il capte pas. le manque de tout. la privation de tout. j’suis comme un gosse qu’on emmènerait à disneyland. j’ai juste pas, les sautillements frénétiques et le pistolet de buzz l’éclair dans la main. sûrement que j’suis encore éteint. sûrement qu’il y a trop à dire et à combler. j’observe fixement les fenêtres, elles étaient déjà là avant, seulement, je n’y prêtais pas attention. j’me retourne vers sinai, et ça serait mentir que de ne pas crier ‘bouffe’, ‘pâtes’, ‘restes’ ou un autre truc de ce style. mais, je risque de vider son frigo, et vomir et. c’est pas une image concevable après trois ans d’absence. une bière, pouvoir utiliser ta salle de bain et ma place dans ton lit, à la rigueur. et j’dis ma place, parce que c’est ma place et que j’me suis battu pour l’avoir. parce que je tirais toute la couette quand il me la laissait pas, pour me faire chier. alors ouais, c’est devenu ma place. parce que j’ai besoin de boire et de pisser toutes les trois heures et que c’est chiant sinon. j’lui marche dessus, il râle, je lui remarche dessus. et j’ai besoin de prendre une douche, pas à l’hôpital pour voir si tout va bien. une douche comme chez moi, avec du vrai savon et du vrai shampoing qui sent bon. j’ai encore l’impression de sentir le fauve, c’est sûrement pas le cas, mais l’idée subsiste et j’pourrais pas trouver le sommeil sans ça, si je trouve le sommeil. c’est pas certain. j’ai l’impression d’être dans un univers parallèle moi. il a changé quelques meubles, rien d’extraordinaire. j’peux même déceler au portemanteau que sa fille garde ses quartiers chez lui encore maintenant. alors il peut bien dire ‘reste’ sinai, il peut l'épeler de mille façons pendant son sommeil. c’est lui qui va me foutre dehors le premier. j’vais aussi te voler un boxer parce que mon père m’a acheté des fringues et que j’ai trop d’amour-propre pour porter un slip on est d’accord. oui j’suis pas passé par chez moi, j’ai pas fait les poussières, j’suis venu directement ici. parce que j’avais besoin de le voir, sinai. parce que j’peux bien dire le contraire au monde entier, quand je rentre, tout tourne principalement autour de lui qu’il le veuille ou non, même quand ça l’emmerde de m'voir, même quand il me jette dehors comme un attardé qui aurait trompé sa femme. tout. tourne. autour de lui.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Ven 11 Mai - 10:38

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Il rentre, et ça fait presque comme avant. Ça fait presque comme s'il n'avait jamais quitté les lieux, comme s'il était encore venu la semaine dernière. C'est faux pourtant, mais un moment t'as envie d'y croire. Il s'avance devant toi, tu prends même pas la peine de fermer la porte du garage à clé, ça vaut pas la peine. Tu le laisses passer devant, entrant à sa suite dans le salon. Ta maison, c'est pas le palace des milles et une nuits, mais c'est cosy. Cosy, c'est quand on a une toute petite maison chaleureuse qui fait son office. C'est pour pas dire qu'on a pas le choix de vivre dans un cinq étoile, ou qu'on se contente de peu. L'avantage, c'est que t'as un jardin, t'as tondu la pelouse ce matin d'ailleurs. Tu devais bien t'occuper, t'en pouvais plus de te ronger les sangs. D'ailleurs, tes ongles s'en souviennent encore, tout cabossés qu'ils sont ce soir. Tu regardes par l'une des fenêtres la nuit noire, et t'as la lumière du ciel pour donner un peu de relief. T'appuies sur l'interrupteur, histoire de pas faire plus morbide, et tu lui demandes ce qu'il veut. Que tu te tais aussi, d'une certaine façon, que tu louvoie les questions. T'as envie de lui en poser plein. T'aurais envie de poser les pieds sous la table, d'écouter tranquillement sa journée de boulot, mais c'est pas possible. Il est pas secrétaire, Andrés, il est pas caissier, Andrés. Il est encore moins cuisinier, il sait juste faire des pâtes. Bon, c'est pas juste des pâtes, ce sont les pâtes. Mais c'est pas ça qui t'a manqué le plus en trois ans, et même si tu le sais tu ne le diras pas. A quoi bon ? Aucun ne peut remonter le temps, se dire "non, cette fois y'a pas de départ, y'a pas de mission, elle est annulée", parce qu'il y aurait eu autre chose. Y'a tout pour contrarier vos vies. Et sa place dans le lit. Heureusement qu'il voit pas ton visage, parce qu'il se moquerait. T'as l'air d'un bienheureux, juste parce que tu passeras pas une énième nuit seul. Parce que tu tireras la couverture de ton côté, t'essayera de grappiller sur son espace, collé à lui parce que tout ça t'a manqué. Il te repousseras dans son sommeil, histoire de respirer, et toi tu finiras par t'endormir pour de vrai. Alors tu prends conscience du reste de la question, et de ce qu'il dit encore. Tu ris, alors que tu vas vers on frigo pour prendre deux bières bien fraiches. Tu prends au passage le décapsuleur, posant les bouteilles sur la table pour les ouvrir, repoussant les capsules plus loin. « Fais comme chez toi. » Que tu dis, parce que c'est exactement où il est. Chez lui. Chez toi. Mais non, tu ne diras pas chez vous. Un sourire un peu con aux lèvres, alors que tu lui tends la bière. « Mais qu'est-ce qu'il lui a pris de t'acheter ces horreurs ? T'en portes un, là, maintenant ? » Tes traits se froncent, comme si c'était la chose à la fois la plus choquante du monde, mais aussi la plus drôle. « T'auras qu'à te servir dans la salle de bain. » Même si t'as cette pensée terrible qu'ils doivent être un peu trop larges pour lui. Comme ses fringues qu'il a sur le dos, et que t'as remarqué quand tu l'a trouvé sur le pas de ta porte. Ça t'empêche même de te réjouir de comprendre qu'il est venu directement chez toi, après ce qui furent certainement des retrouvailles en famille. Avec toute une famille pour qui tu n'existes pas. Un lointain prénom, certainement lâché une fois pas plus en présence de ton beau-père. Enfin, de son père à lui quoi. Pas comme si tu pouvais prétendre à plus, de toute façon, à part quelques poignées de main viriles et des sourires de façade en prétextant être un ami. T'étais même pas là quand il est descendu de l'avion.



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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Sam 12 Mai - 0:00

c’est pas un palace, c’est pas un loft splendide sur brooklyn ni même une charmante maison d’hôtes. c’est un quartier résidentiel est sa maison est identique à celle des autres, sa maison ne diffère que d’un numéro seulement. mais j’confonds pas, j’ai jamais confondu. j’y passe du temps. j’étais là, souvent, avant. moi et mes mauvaises habitudes. alors j’ai pas de mal à m’approprier les lieux, encore, même si c’est chez lui plutôt que chez moi ici. même si parfois, selon les pièces, je trouve la déco franchement dégueulasse. mais j’dis rien. parce que j’garde cet appartement pour dormir et recevoir mon courrier. une garçonnière putain, ça fait tellement plouc, ça pue tellement l’échec de ma vie sentimentale ça: une garçonnière. alors oui, d’une certaine façon j’préfère être chez lui parce que ça m’fait sentir moins seul, même si la réciproque est pas toujours vraie. même s’il peut pas venir, lui, à l’aéroport. j’lui en veux pas spécialement, mais j’aurais préféré qu’il y soit, c’est vrai. alors quand il dit ‘fais comme chez toi’ ça m’fait sourire parce que j’ai pas attendu de foirer une mission à 3500km de virginia beach pour étayer mon bordel dans sa chambre. pour lui voler la télécommande parce que le catch c’est sympa cinq minutes mais c’est casse-couilles for real. pour me poster devant les chiottes pour l’empêcher de sortir comme un gosse. pour m’incruster sous la douche quand il croit que je pionce façon belle aux bois dormants dans la pièce à côté. j’prends la bière qu’il me tend, je trinque avant même qu’il ait le temps de décapsuler la sienne. puis je stoppe à sa question, dans l’élan, j’explose de rire devant sa réaction. attends, c’est une vraie question ? est-ce que j’ai une tête à porter des slips ? j’sais que ça fait trois ans mais faut pas déconner non plus. alors sûrement que c’est à mon tour d’être choqué. j’suis pas tant à l’ouest que ça bordel. j’baisse mon froc naturellement, sans gêne, jusqu’à l’aine. parce qu’à choisir, évidemment que j’préfère rien porter du tout. il m’a bien vu sinai ? et pendant que j’fais ça j’me dis surtout que j’ai l’impression de porter des fringues XXL. et c’est gênant. et pas drôle. et pas sexy pour un sous cinquante. du coup. il voulait bien faire, j’suppose. ‘fin il était là au moins, il y a pensé. et dans toute cette agitation, il m’a pris dans ses bras et. j’ai oublié. j’hausse les épaules. je plonge quasiment dans son canapé, j’me cale juste à côté de lui tout en remontant mon froc. et j’ai beau sourire bêtement, j’ai peine à constater qu’il ne m’a pas envoyé de message sinai, pas un appel ni rien du tout. qu’une fois encore c’est moi qui rapplique comme un toxicomane, chez lui. j’lui demandais pas d’se pointer là-bas, ça aurait été un enfer pour lui pour moi mais. quelque chose. j’suis pas cinglé, s’il veut que j’reste c’est pas par pitié. je pense. j’espère. j’aurais pensé que cette fois, pour une fois, il aurait fait quelque chose pour moi. mais il est resté à attendre sagement mon message. comme d'habitude. alors, t’as fait quoi d’intéressant ? c’est quoi les news ? j’ai peut-être loupé la mort de lady gaga ou de kayne west, on sait pas. qu’est-ce qu’il a fait sinai depuis trois ans ? qu’est-ce qu’on fait en trois ans ? quand on est libre de pouvoir faire ce qu’on veut. j’ai besoin d’me changer les idées, de savoir ce qu’il fait, comment il va, où il va. j’veux tout savoir, même si ça fait mal. même si c’est un crève-cœur de ne pas avoir partagé ces moments avec lui. trois ans ça se comble pas, même si on essaie de prétendre le contraire en racontant des conneries.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Sam 12 Mai - 13:26

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T'y a pas été, t'as pas voulu aller, t'y aurais fait quoi ? Tu t'y serais tu, t'aurais du faire l'anonyme, l'ami heureux d'en revoir un autre. Une tape amicale dans le dos, une distance acceptable, et tu aurais du repartir comme t'étais venu. T'es rien pour lui, officiellement. Parfois même tu te demande si t'es pas juste rien tout court, et puis tu te dis que t'es un foutu égoïste de penser ça après douze ans. Douze ans, et toujours rien d'officiel. A ce rythme, vous serez même pas dans la même chambre à la maison de repos. Vous y ferez encore semblant, alors même que tous les soirs y'aurait une chambre de vide sur les deux. T'es con, à croire qu'il reviendra à chaque fois, à espérer qu'il revienne à chaque fois vers toi, alors que tu vas pas vers lui. T'as réussis à avoir de ses nouvelles, à obtenir des informations confidentielles. T'as réussis à savoir qu'il était retenu en otage, et qu'ils faisaient tout pour le faire sortir de là, et t'as pas été foutu d'arracher son nouveau numéro à quelqu'un ? T'es un abruti, alors que tu décapsules ta bière. Tu lui a même rien dit, il sait sans doute pas que t'as cherché après lui, et c'est pas toi qui l'avouera. Quand ils t'ont dit dans quel coin il était censé se trouver, t'as failli sauter dans un avion pour y aller, pour le rejoindre. T'as juste failli. T'as pas été. T'as eu peur, Sinai. T'as eu putain de peur en t'imaginant à sa place, en revivant en différé ta propre détention. Et t'as pas eu le courage de venir le sortir de là, même si au fond t'aurais jamais pu mener des négociations à la place de l'état, du FBI, ou de n'importe quelle autre agence capable de le sortir de la merde dans laquelle ils l'ont mise. Tu peux pas t'en vouloir, ton psy te l'a dis mille fois, alors t'as pris cette excuse pour pas chercher à le revoir avant tout le monde. T'aurais même pas pu prendre ta voiture pour avaler les km et le rechercher, t'aurais pas passé la frontière. C'est plus pour toi les longs trajets dans les chemins cahoteux. C'est plus pour toi l'action, t'es devenu plan-plan, dans ta routine quotidienne qui t'empêches d'aller vers lui. Comme s'il t'étais dû, et que tu devais plus rien faire pour le garder. Il baisse son pantalon, il porte rien, mais toi t'as vu les os. T'as vu, encore une preuve, encore un malaise à dissiper. Tu ris, pour faire baisser la tension, alors que tu vas t'asseoir dans le canapé et qu'il change la chaine. Tu lèves les yeux au ciel, pour la forme, tu sais même plus le nom des combattants, ça a plus d'importance. Il met un film, il a déjà débuté. Le pont de la rivière Kwai. Tu peux pas. « Oué, mais t'as jamais porté de slip, l'idée est bizarre. » Tu lui prends la télécommande des mains, et tu changes. « Mais oué c'est normal, il a bien fait. » T'hausses les épaules, il a fait mieux que toi le bonhomme, même en achetant trois slips et deux marcels. Il s'met à côté de toi, et tu te rapproches, tu t'en fous, son contact t'as trop manqué pour que tu t'en prives. Tu poses la télécommande contre sa cuisse, et t'y laisses ta main. Qu'est-ce que t'as fait en trois ans ? Rien. Rien d'extraordinaire. Se ronger les sangs, s'inquiéter, voir le psy. Les douleurs dorsales continues, les rides en plus. Se tuer à la tâche, essayer d'améliorer la vie des autres à défaut de la tienne. « J'suis pas parti en vacances cette année, et j'ai toujours pas essayé la pêche. » T'es pas parti en vacances pendant trois ans, simplement. D'habitude tu t'arranges toujours pour partir une semaine avec ta fille dans un coin différent, qu'elle voie d'autres choses, mais là t'avais pas le cœur à ça. Et pas l'argent, que t'as mis de côté pour elle. « Faudra que tu me montres comment ça marche. » Parce que la pêche, c'est lui qui t'en a parlé, et parce que toi t'as jamais été capable de lancer une ligne, et tendre une corde de nylon. C'est pas le genre d'activité que tu faisais quand t'étais jeune, tu trouvais que c'était que les vieux qui le faisaient, mais maintenant, t'es vieux aussi, non ?


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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Sam 12 Mai - 17:31

il explicite rien, et quelque part, ça me frustre. j’attendais quelque chose de plus, quoi ? intéressant ? t’façon que je sois là ou pas c’était pas avec moi qu’il partait alors, ça ne fait que remuer le couteau dans la plaie. il est resté là, à ne strictement rien faire. j’hausse la tête très brièvement jusqu’à ce qu’il me propose de lui apprendre à pêcher. j’pourrais trouver ça mignon qu’il m’demande. j’pourrais m'enorgueillir parce qu’il a toujours dit que c’était un truc de vieux. sauf que. j’veux pas de lui dans mes pattes. j’sais pas si t’es prêt à ça. je dis ça en rigolant mais j’ai bien l’intention de remettre cette petite activité à jamais. égoïstement ouais, whatever mais j’ai pas envie. parce que c’est les seuls moments où j’peux avoir la paix, et décompresser sans penser et au boulot, et à sinai. j’aime bien avoir la paix quand il me vire comme un connard, j’aime avoir ça pour moi. et ça, j’ai pas l’intention d’le partager. ou plus tard, mais pas maintenant, j’en ai trop besoin. j’lui pique la télécommande avant qu’il ne vienne me la chiper moins de trente secondes plus tard. faut toujours qu’il fasse ça, c’est insupportable. même si, la chaîne, c’est le cadet de mes soucis. il suffit qu’il me touche, que la cuisse, pour que j’me crispe. et c’est bien con parce que c’est tellement anodin, futile, banal comme geste. je souris légèrement quand il revient sur le slipgate. je vais lui en offrir un pour son prochain anniversaire, on va bien rigoler. ça me rend un peu nostalgique parce que ça fait longtemps qu’on a rien fêté, que j’ai pas vu un sourire franc sur son visage à sinai. mais là il y pense, fatalement comme j’y pense. j’suis pas revenu il y a trois mois. j’ose à peine dire ce qui me traverse l’esprit, t’façon il a pas besoin d’un dessin. il sait très bien. il a lui-même de quoi s’en souvenir, j’ai de quoi m’en souvenir aussi. j’ai pas envie d’en parler. de m’trouver une bonne raison d’être là. j’ai l’impression de pas mériter, que c’est d’ma faute si j’suis aussi mal. et j’suis pas malheureux, je m’adapte. je m’adapte même si ça m’rend malade. j’pensais que j’allais crever tout seul, mais ici ou là-bas, c’est ce qui va finir par m’arriver. y a pas de porte de sortie, on avance pas, il y a rien à la gare suivante. seulement du sable, de la poussière et des regrets. j’ai peur, je crois. peur de lui. peur de m’allonger à côté de lui. qu’il me réconforte, de lui faire voir que j’suis aussi pathétique que les autres. c’était pas prévu, j’dis au revoir et je reviens, c’est logique. normalement ça se brise pas comme ça, normalement c’est facile de faire semblant. je pose ma main contre la sienne, il est là. je la fais remonter lentement jusqu’à son bras. j’ai encore l’impression de pouvoir passer à travers lui, c’est con. faudrait pouvoir tout reparamétrer. que je n’puisse plus suivre que lui. je croise son regard à sinai, et j’ai l’impression d’être minuscule et je déteste ça. et j’ai détesté baisser les yeux, baisser la tête. j’peux pas rester là à contempler comment le monde tourne sans moi. quand j’reste pas. quand j’suis suffisamment buté pour lui dire d’aller s’faire foutre. j’me redresse légèrement, j’peux pas le croire sur parole sinai, j’peux seulement l’espérer. l’embrasser, pas un baiser-hollywood qui pue la merde non, je l’embrasse comme s’il était un putain de mirage, comme si j’avais plus d’air pour respirer, j’ai posé ma bière. ça me donnait envie mais, maintenant je m’en fous. je préfère défaire les boucles qu’il garde dans ses cheveux quand il boude le coiffeur. qu’est-ce que j’ai manqué ? je l’ai manqué lui, pendant trois ans. t’es trop mauvais. et je parle pas de sa manière d’embrasser, je parle de pêche à la ligne. sur ce, j’me tire. malgré moi, je m’éclipse jusque dans sa salle de bain parce que ça me démange depuis qu’il me l’a proposé. et c’est débile mais j’en ai rêvé, d’être là, dans sa petite maison résidentiel à prétendre être ce bon vieux andrés.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Sam 12 Mai - 22:59

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T'aurais pu dire plus de choses. T'aurais pu dire que tu as participé à un marathon bidon de la ville. Mais ç'aurait été aussi dire que t'as échoué direct, t'as pas su faire la moitié des quarante-deux kilomètres parce que tu t'es tordu en deux sur le sol à cause de ton dos. Que c'est ta fille qui es venue te chercher et te gueuler dessus comme un môme parce que, tu comprends, c'est pas avec ta santé de merde qu'on se lance des défis pareils. Ouais, tu voulais juste te mettre au défi de réussir quelque chose encore. Des semaines que les gens t'on chambré là-dessus et que t'as essayé de faire bonne figure alors que t'avais juste envie de leur mettre ton poing dans la gueule pour la leur fermer. T'as essayé, toi, au moins. C'est la seule chose positive dans cette pseudo-aventure avortée. T'aurais pu lui dire aussi, que t'as préparé son plat préféré à chacune des dates importantes, que tu as mangé deux pots de glace entier le soir où t'as appris qu'il était retenu en otage. Que t'as pleuré toutes les larmes de ton corps et que ta fille trop pudique est juste venue poser un plaid sur toi quand tu a fini par t'endormir après avoir passé des heures à encaisser la nouvelle. T'aurais pu lui dire mais à quoi bon ? Il en saura jamais rien, c'est mieux comme ça. C'est mieux d'ignorer ces choses-là, de faire comme si tout allait bien. Ça ira mieux maintenant, de toute façon. Non ? Il est revenu, il est assis sur le canapé avec toi, tu peux le sentir, tu peux le toucher, tu peux le voir. Tu t'en fous de l'apparence qu'il a. Tu t'en fous des os que tu perçois trop facilement, des vêtements flottants et du boxer manquant. De cette blague immonde des journalopes qui se sont massés pour avoir de ses nouvelles avant toi, parce que t'as pas eu le courage de t'y montrer, à cette descente d'avion. Il élude la pêche, il dit qu'il t'y emmèneras un jour. Tu sais pas, tu flaires le mensonge par omission, juste pour pas te choquer. Comme si ça allait te choquer, alors que tu viens de le voir complètement changé par ce qu'il a vécu. L'homme qui merdait jamais. L'homme qui foirait jamais ses missions, et le voilà deux ans et demi en retard sur son planning. C'est beau. Y'a des jours t'en voulait à la terre entière, et des jours à lui plus qu'à quiconque. C'est quand le prochain retour ? Quand le prochain départ ? Il est tellement volatile, Andrés, mais quand sa main remonte le long de ton bras, que ses lèvres se posent sur les tiennes, il est loin d'être aussi inconsistant que l'image qu'il se donne. Tu l'embrasses, ça t'a manqué, bon dieu. Ça ta manqué de goûter ses lèvres, et t'aurais presque les larmes aux yeux juste pour ce que ça fait cogiter en toi. Puis il s'éclipse, et tu reprends tes esprits quand il te dis que t'es mauvais. Mauvais en quoi ? T'embrasses mal ? Il s'en est jamais plains, à part quand il était bourré et que t'étais pas mieux. Vous puiez l'alcool et la clope, c'était pas exquis. Tu soupires, bruyamment, alors qu'il s'échappe, dans la salle de bain supposément. Il a posé sa bière, en a même pas bu plus que quelques gorgées, et te voilà comme un con devant une émission de télé-réalité bidon comme toi. Tu poses ta bière sur la table en te relevant. T'as pris le temps d'aller dans ta chambre chercher un boxer, le premier sur lequel t'as posé la main et qui se révèle être un boxer complètement fantasque. T'arrives devant la porte de la salle de bain, et tu entres sans prendre la peine de toquer, à peine tu esquisses quelques mots, avant d'ouvrir la porte. « J'entre. » Parce que t'es chez toi, parce que c'est lui, et surtout parce que c'est pas la première fois. « Tu veux que je te sorte une serviette propre ? » Tu dis, déposant le sous-vêtement sur le rebord du lavabo face à toi. Tu fais le bon hôte de maison, tant qu'à bien jouer un rôle autant que ça soit celui-là pour le moment. Celui là, plutôt qu'un autre, pour quelques moments encore. « J'sais pas si tu veux autre chose avant que je sortes ? » Tes yeux sont posés sur son visage et rien d'autre, tu comptes pas t'incruster sous la douche cette fois-ci, si t'es mauvais c'est pas la peine, n'est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Dim 13 Mai - 1:51

je voulais plus d’air, plus de distance, parce que ça finissait toujours, immanquablement, par devenir naze. comme un fruit qui pourri au soleil. c’était fracassant mais ça durait pas, c’était fracassant dans l’idée, quelques semaines, le temps de s’embourber dans la monotonie. la routine que j’ai jamais supporté. donc j’me casse, c’est un fait, c’est comme ça. j’ai pas un mauvais fond, j’ai jamais fait de belles promesses, j’ai jamais prétendu être là pour lui. j’peux pas être là pour lui, il peut pas être là pour moi, bien qu’il soit irremplaçable sinai. faut que j’puisse recharger mes batteries, récupérer des cœurs. et j’ai besoin qu’il soit là, comme à chaque fois. pas pour flatter mon ego ou pour scier un pour toujours dans l’écorce. j’ai besoin d’une raison, d’un moteur, de quelque chose qui me fasse revenir. de quelque chose à oublier douloureusement. d’une raison de vivre ou de mourir. d’une dernière joute verbale, d’une étreinte qui dit je te hais. de pas voir mon reflet  dans le miroir qui m’laisse crever. paraît que l’image de soi c’est précieux, bah putain. y a quoi là-dessous ? ça sonne creux et vide. je vide son shampooing un peu, son gel douche beaucoup parce que ça sent bon. parce que ça sent quelque chose d’agréable. ça doit être parce que c’est son gel douche en fait. c’est un peu con comme raisonnement du coup. je l’entends pas débarquer, il dit ‘j’entre’ mais il est déjà à l’intérieur sinai et j’peux pas m’empêcher de passer une tête pour voir s’il est habillé ou pas. mais il l’est. et j’le toise un instant pour lui faire comprendre qu’il déconne avant de tendre nonchalamment la main pour qu’il me file une serviette. et puis mon regard se pose près du lavabo derrière lui. tu te fous vraiment d’ma gueule sinai. tu l’as jamais porté d’ta vie ce vieux machin. il est hyper chelou. mais il m’le ramène à moi, roi de l’embrouille qu’il est. avec sa fausse politesse à la con - mais j’aime bien. il y a rien à y voir, pas la moindre interprétation à avoir. c’est limpide comme un dessin d’enfant. j’ferme l’eau deux secondes, avant d’le dévisager en souriant. il est mignon à m’demander sinai, comme si j’allais lui demander une entrecôte saignante ou une bonne raison de rester demain matin. il est mignon. enlève ton tee-shirt pour voir. pour voir, pas que pour voir d’ailleurs. je m’appuie sur le rideau de douche en attendant, histoire de voir s’il le fait bien comme il faut. s’il fait tout bien c’que je dis. faut seulement que j’glisse comme un teubé en faisant l’malin, c’est tout. que j’arrache la moitié du rideau en faisant du surf sur vingt centilitres d’eau. je lui arrache la serviette des mains à sinai. t’as pas intérêt à rire. j’suis pas aussi susceptible que lui, faut pas se leurrer, mais dans un contexte comme celui-ci c’est particulièrement la honte alors j’anticipe. je m’essuie vite fait les cheveux en attendant qu’il se bouge.
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Lun 14 Mai - 0:42

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T'as pas l'habitude de prendre des gants avec lui et de faire passer la pudeur pour une valeur de couple, c'est pas ton genre, pas le sien. Combien de fois t'es pas rentré comme une fleur sans même dire que t'allais ouvrir la porte ? Combien de fois tu n'es pas rentré et sorti aussitôt parce que tu n'étais pas censé rentrer à ce moment là, mais que tu l'as fait quand même ? Tu préfères pas compter et c'est suffisamment parlant comme ça, alors que tu te penches pour prendre une serviette propre dans l'armoire, le regard posé sur le fameux boxer. Après le slip, c'est le boxer-coïncidence qui fait la polémique. Il est bien ce boxer, t'y trouves rien à redire toi, il est juste un peu... Flashy. Un peu coloré, un peu particulier. Mais il est neuf ou presque, et c'est ce qui compte, non ? T'allais pas lui prêter un de tes vieux boxer tout gris-délavé, quoi. « Mais arrête de te plaindre, s'il te plait pas tu peux rester à poil sinon. » Tu lâches alors que tu lui tends la serviette, tes yeux rieurs se plantant sur son corps à moitié caché par le rideau de douche. T'explore pas plus loin, suivant juste le détail de la mousse de savon attirée par la gravité. Un peu boudeur encore, t'as toujours ce reste de susceptibilité en tête, te retenant de lui demander de quoi il parlait plus tôt. Parce que t'es pas sûr d'aimer la réponse qu'elle qu'elle soit, et de pas passer pour un abruti fini si tu la poses. Alors tu en poses une autre, sur ce qu'il veut, s'il a besoin d'autre chose, n'importe quoi. Sauf qu'il y réponds même pas le con, à part par une demande absurde. Enfin, pas tant que ça, mais sur le coup ça te surprends. Tu soupires, te plantant bien sur tes deux jambes face à lui. Tu commences à soulever ton tshirt, très lentement, et tu regrettes de pas l'avoir retiré dans ta chambre plus tôt. T'as juste enlevé ton jeans pour passer un short de jogging bleu, et t'as laissé ton tshirt par habitude, parce que t'aimes pas déambuler partout le dos à l'air. T'aimes pas exhiber les cicatrices atroces de ton dos, le tissu cicatriciel a tout jamais rosé, et cette illusion qu'au moindre faux mouvement la peau va craquer. Pourtant tu poses pas de question quand il te le demande, même si t'hésites, même si tu retardes un peu. Suffisamment pour le voir arracher la moitié de ton rideau de douche et manquer de tomber dans le reste d'eau, et c'est à peine si t'arrives à cacher l'immense sourire qui se forme sur tes lèvres alors qu'il t'arraches la serviette des mains, celle que tu viens de prendre sur le dossier de la chaise. Tu sais qu'il faut pas, mais c'est plus fort que toi, alors tu tousses pour cacher ton début de rire, parce qu'il suffit de dire que tu ne peux pas pour vouloir le faire. Tu te tournes légèrement sur le côté, tapotant ton torse comme pour faire passer une vilaine toux. « Nah nah, j'ris pas t'inquiètes. » Tu tapes encore, avant de te tourner à nouveau vers lui, les larmes aux yeux d'avoir échappé au fou rire. « Mais tiens, sors de là, c'est pas grave si tu mets de l'eau à côté. » Tu dis, reculant un peu pour qu'il ait la place de se mettre sur le tapis. Et puis t'espère qu'il va oublier sa demande, mais c'est peine perdue. C'est peine perdue parce que tu le vois dans son regard, et c'est dans un soupir résigné que tu remonte ton tshirt. Et t'hésites, si tu le remontes d'un coup rapide, ou si tu prends le temps pour essayer d'avoir moins mal. Puis en fait tu n'hésites plus, et tu jettes ton haut dans un coin de la pièce en attendant le verdict.

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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Lun 14 Mai - 5:16

c’était marrant cinq minutes, qu’il vienne faire son numéro jusque dans la salle de bain. mais j’ai envie d’sortir et il est là et cette fois, c’est plus emmerdant qu’autre chose. cette fois, je préfèrerais qu’il retourne à son catch. il va finir par le voir ce corps de brindille, j’vais pas enfiler sa serviette sur le dos et faire l’empereur ou ET. j’vais pas pavaner à poil en faisant le con, même si c’est c’que je fais d’habitude, même si j’ai déjà arraché la moitié de son rideau de douche, même si ça ressemble à ce qu’on a d’habitude. j’le regarde enlever son tee-shirt sinai, et j’fais aucune remarque, pas spécialement. j’suis pas débile, je sais qu’il aime pas ça montrer ses cicatrices mais ça m’donne une sorte d’élan désespéré- et une bonne raison de sortir de ma tour d’ivoire qui s’casse la gueule de toute façon. j’peux pas me plaindre, j’vais pas le faire. pas tant qu’il est dans la même pièce, parce que j’estime qu’il a pas mal dégusté sinai, et que sur l’échelle de la douleur je lui accorde la première place. mais il est là et cette fois c’est dérangeant, parce que ça fait un an et demi que, même pour chier, j’avais pas d’intimité alors même une douche. même une putain de douche de même pas cinq minutes, ça prend des allures de sacre. oui. mais ça vaut bien son sourire de con, sa pseudo toux qui lui attaque soudainement les bronches. putain, sérieux ? j’me moquerais bien de moi mais ça donnerait pas pareil. pourtant il y a de quoi. j’ai qu’à voir sinai les larmes aux yeux pour m’en rendre compte. ce con, il m’énerve. il se recule, tranquille. comme si j’allais sortir, tranquille. j’ai pas la pudeur d’une pucelle mais ce soir-ce matin, ouais, c’est particulièrement difficile. même si je masque, je comble l’attente en le faisant déshabiller lui. et j’manque pas de voir ses cicatrices dans le miroir derrière lui. et de m’y revoir dans ce miroir, quelques minutes plus tôt. j’regarde son tapis, non c’est pas grave, bien sûr. c’est mieux d’en foutre à côté que de ne pas être là. en fait c’est mieux d’être là, quoi que je fasse comme connerie. mais à y réfléchir, j’aurais dû, rester chez moi. encaisser. digérer le truc. j’ai l’impression d’me noyer, que le moteur a pris la flotte. et j’dis pas ça à cause de la douche. j’essaie de rabattre le rideau, bon, je l’ai vraiment défoncé j’ai pas fait semblant. et puisque j’peux rester à poil, j’ai pas la gêne d’enfiler ma serviette autour de la taille. je m’en fous. c’est pas ça qui me dérange le plus. du moment que j’puisse mater sinai, ça me va. j’pensais que j’avais le contrôle, mais j’ai que dalle. c’est une putain de boucle fermée et j’ai l’impression d’avoir été expulsé en dehors. alors l’eau à côté du tapis, ces petits détails aseptisés, me filent la gerbe. alors que c’est normal, convenable et propre. c’est normal. strictement normal. et j’garde sa serviette au-dessus d’ma tête tout en me tirant à côté de lui. et faudrait être amputé des deux bras pour pas l’toucher sinai, clairement. du moment qu’on évite le dos. pas après trois ans non. faudrait avoir un sérieux problème et encore que même avec. j’pourrais même pas l’faire languir sans me frustrer moi-même. si c’est pas moche. je fais glisser ma main de son épaule jusqu’au bas de son ventre. t’as un corps de strip-teaseur tu dégoûtes. pas parce que j’ai la carrure d’un somalien mais parce que moi faisant du sport j’arrive pas à ça. parce que même s’il a le dos lacéré, il est beau sinai. heureusement pour moi, il capte pas à quel point. je prends son super boxer, histoire de tendre l’élastique, histoire de le faire voler un peu plus loin dans la pièce. moi ça m’dérange pas de rester à poil. au contraire.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Lun 14 Mai - 10:07

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Tu aurais peut-être du lui laisser de l'intimité, tout compte fais. Tu aurais peut-être du regarder encore un peu plus cette télé-réalité pourrie, à défaut du match de catch qui s'est fini quand tu es allé te changer dans ta chambre. Ça te dérange pas de porter un jeans et même une chemise toute la journée, mais une fois le soir venu, que t'es posé chez toi, t'as plus que l'envie de t'en débarrasser et de te mettre à l'aise, comme tout le monde quoi. Seulement t'as oublié que la pommade était dans la salle de bain, tu l'y a oublié ce matin, alors c'est aussi pour ça que tu t'es invité comme un sans-gêne. Pire, c'est que tu as oublié même où tu l'as mise, alors tant pis, c'est pas la première fois. T'as peut-être passé que six mois enfermé, mais ces connards tu les oublieras jamais. Tu perds un peu de ton sourire en y repensant, en voyant son regard posé sur le miroir derrière toi, qui cache rien de ce que tu voulais cacher. Enfin c'est un bien grand mot, compte tenu du nombre de fois où il l'a vu, ce dos. Sans rien dire, sans faire de commentaires, à juste mettre de la crème parfois pour éviter que tu ne douilles encore. Tu lui as jamais dit, à Andrés, que y'a des jours ça suffit pas, et que tu profites de ses absences pour te soigner autrement. C'est pas la honte qui t'en empêche, c'est le jugement que tu sais qu'il va faire, parce que ta conception du soulagement englobe ce qu'il combat régulièrement. Alors oui tu te tais, alors que tu te recules un peu, de côté du miroir. T'as pas envie de faire face à l'image que vous renvoyez tous les deux, pas aujourd'hui. Et tu lui dis de sortir, tu t'en fiches de sa pudeur, et tu devrais pas. Tu devrais comprendre qu'il a pas envie, qu'il est peut-être pas à l'aise, mais sur le coup t'es juste aveugle, complètement aveugle. Il t'a demandé d'enlever ton t-shirt, tu l'as fait, mais franchement t'as juste envie de te pencher le ramasser et le remettre sur ton dos. Là ouais, tu fais pas le fier, tu préférerais sortir de là et retourner à ta bière le temps qu'il finisse de se laver, mais il sort de la douche avant que t'ai pu faire un geste. Que tu peux pas t'empêcher de le regarder comme avant, même si c'est fugace, même s'il vient caresser ta peau, passer ses doigts tout contre ton épiderme. Et puis t'as le regard qui change, alors que ses mots percutent. Te percutent, te font mal. Ouais, tu reprends ton t-shirt et tu le met contre toi, comme un con pudique. Un corps de strip-teaser, franchement ? T'as juste l'impression d'être un vieux con tout sec, même pas sexy. Pas ce soir. D'autres fois, il t'a fait te sentir sexy, mais c'est pas ce que tu ressens cette fois. Tu sais même pas quoi lui répondre, tant tes yeux parlent pour toi, alors que tu vois le fameux boxer suivre la même route. Tu hausses un sourcil. Vraiment ? Vraiment, il va rien mettre juste parce que tu as pris un boxer qui lui plait pas ? « J'prendrais une douche demain matin. » Tu dis comme un automate, histoire de clore, et tu te retourne vers la porte pour l'ouvrir, remettant ton t-shirt en grimaçant. Ouais, t'aurais pas du l'enlever. « Il reste de la bière. » Tu dis alors que tu le plantes là pour retourner chercher la tienne sur la table. Tu te rassieds pas, t'as pas envie, et tu te laisses absorber par les images de la télévision. Du moins t'essaies, mais t'as conscience d'être pas du tout intéressé par les problèmes de Lola qui ne sait pas si c'est mieux de tromper Bryan avec Jamie ou avec Andrew. Franchement, le genre de problème existentiel auquel t'as jamais été confronté.


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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Lun 14 Mai - 11:31

ok donc il se casse, direct, bye bye andrés. merci pour le fou rire, tchao. j’me sens un tout petit peu plus merdique qu’en arrivant ici, en débarquant chez lui. sûrement qu’il s’attendait pas à ça, qu’il s’attendait à quelque chose de mieux. à ce que je lui tombe dans les bras: je l’ai fait. le problème c’est pas lui. c’est pas à cause de lui que j’pars. même si j’lui crache le contraire, par vengeance. quand il me traite comme un plan cul au téléphone. c’est blessant. exit le costume du super agent. j’suis pas meilleur qu’un autre parce que j’dis rien, je m'accommode de tout. de cette moitié de vie. il part sinai, et j’me refais le fil dans ma tête. faut que j’arrête, de faire comme si c’était ok. de faire comme si c’était qu’une laisse et des numéros. de faire comme si sinai avait pas évolué en trois ans. j’suis sûr qu’il m’en veut. il dit rien parce que c’est pas le moment mais. il y a quand même un fossé, quoi que je puisse dire ou faire. il est là. juste derrière lui, à me tendre les bras. et j’ai peur, ouais. j’ai peur qu’on soit, une parodie complètement baisée qu’on laisse à l’antenne par nostalgie. j’peux pas voir le présent et le futur, il me rit au nez l’futur. il me tend mes regrets le futur. j’aurais dû boire quelque chose de plus fort. demander un whisky, vider le verre d’un seul trait, dormir. ne pas penser, ne surtout pas réfléchir, hurler dans mon oreiller chez moi, pas chez lui. c’est pas fait pour ça. j’ai pas besoin d’empiéter sur sa vie avec mes problèmes. de lui renvoyer une mauvaise image de lui-même. de lui faire revivre un traumatisme ou j’sais pas. j’suis pas en état. j’suis en état pour rien du tout. j’suis seulement bon pour la casse. pour faire semblant d’apprécier une bière et un programme télé. je voulais me sentir vivant, je pensais qu’il relancerait la machine, égoïstement. mais je continue à être éteint. j’ai pas les électrochocs qu’il faut. alors peu importe la couleur, j’vais le mettre son boxer parce que c’est faux d’affirmer le contraire. c’est pas lui qui m’dégoûte. j’me dégoûte plutôt bien tout seul. j’peux regarder son dos sans broncher, j’en ai rien à foutre. physiquement il a pas changé sinai. il a pris trois ans de plus, c’est rien d’extraordinaire. alors que. j’me vois comme un cadavre. ceux qui prennent plus assez d’place et qu’on abat d’une balle dans la tête, en forêt. j’enfile un tee-shirt pour pas voir l’ensemble de ma cage thoracique. j’ai pas envie d’le rejoindre pour boire sa putain de bière mais j’vais le faire quand même. j’vais faire semblant, prendre une grande inspiration. et ça ira. j’me pointe dans le salon, sinai regarde un truc con à la télévision. j’sais même plus lequel d’entre nous a mis cette merde. mais j’dis rien. j’ai pas envie d’le chasser d’la pièce encore une fois, même s’il m’apparaît très seul là. je réfléchis sans vraiment y penser. je récupère juste ma bière en prenant un soin évident d’éviter son regard. et j’la vide, j’fais pas un cul sec mais c’est tout comme. et j’la repose à l’endroit où elle était sans un bruit. j’ai bu sa bière, voilà. c’est pas toi qui me dégoûte ok, sinai ? j’suis pas totalement débile, ni aveugle. j’ai bien vu que ça l’avait blessé. et c’était intentionnel. inconsciemment. c’est pas comme si on m’avait beaucoup adressé la parole pendant un an sinon pour m’rabaisser plus bas que terre. et forcément si c’est pas lui c’est moi. mais j’explicite rien, je m’assois sur le canapé pour mettre un terme à la conversation parce que j’ai la boule au ventre et la gorge nouée. j’pourrais pleurer mais j’arrive même pas.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Lun 14 Mai - 21:40

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Tu sais pas pourquoi tu te vexes autant, tu sais pas pourquoi tu prends la mouche si vite. T'aimes pas ce qu'il te dis, c'est pas la première fois pourtant. Pas comme si vos derniers mots avaient étés pire que ça, quoi. T'es susceptible, tu manques certainement de sommeil et t'es à cran, mais c'est pas la vraie raison. T'es juste dégoûté de quelque chose sans savoir quoi. Dégoûté qu'il te balance à la tronche que tu le dégoûte, que t'es mauvais, ou juste parce qu'il dit tout haut les choses ? T'es pas le meilleur des hommes et tu le sais, en même temps qui peut se targuer d'être parfait ? T'es juste un mec lambda, un cuisinier lambda, un type lambda. T'as rien d'extraordinaire, même si t'arrives à oublier ta banalité parfois, la routine dans laquelle tu t'es mis tout seul. Comme si en gardant les mêmes horaires, les mêmes habitudes, ça ferait comme avant. T'as pas tellement changé Sinai, t'es toujours le même gars qui espère un retour à la normale prochain, un peu comme un optimisme neutre. Tu veux que ça s'améliore, mais que ça reste pareil. Tu veux le changement, mais pas trop. Tu vois pas la vie en rose, tu la vois en nuances rosées. T'en serais presque poétique, alors que tu termines ta bière sans la savourer. Elle a pas de goût ta bière, elle en a plus. Et finalement Lolita a décidé que ce serait mieux de choisir au pif-o-mètre. Tu sais pas, c'est hors de ta conception, hors de ta vision des choses. Toi t'imagines encore la fidélité dans le couple, l'amour fou, l'amour passion. Pas l'amour partagé à des millions de gens abrutis par une vision biaisée des choses. Pourtant ça t'absorbe, alors sans doute que t'es comme les autres et que t'as rien de mieux à faire que de te passionner pour le drame télévisuel des jeunesses gâchées. Tu l'entends même pas revenir, tu croises pas son regard, tu fais comme s'il était pas là. T'es égoïste parce qu'il a pas besoin de ça, Andrés, ni ce soir ni les autres. Il a pas besoin que tu le traites comme d'habitude, pas besoin que tu lui dises qu'il peut venir, qu'il a qu'à oublier ses soucis un temps entre tes bras. T'as pas besoin de faire semblant d'être détaché, mais tu le fais. Tu le fais parce que ce sont les habitudes et que t'as peur qu'il se braque. Que t'a peur qu'il te laisse tomber parce que t'as voulu l'approcher trop vite. T'es loin d'être proche à cet instant pourtant, alors que tu dardes ton regard sur lui parce qu'il te dis que c'est pas toi qui le dégoute. La blague. « Oué. » T'es pas convaincu mais tu diras rien de plus. Une dispute, c'est loin d'être ce que tu as envie. T'avais rien planifié pour cette soirée, à part boire le pack de bière du frigo. A part attendre un sms, un appel, encore que. Et même quand tu l'a eu ce sms, tu savais pas comment anticiper les choses, comment faire pour que ça se passe bien. T'aurais peut-être du réfléchir un minimum, te mettre à sa place. Ça devrait pas être si difficile pour toi, mais tu bloques parce que c'est pas toi, Andrés. Qu'il est différent et qu'il a toujours fait comme si rien ne l'atteignait. Toi, à côté, tu te sens trop sensible, trop attaché, t'as pas envie de faire le pot de colle alors tu la fermes. Tu la fermes et tu t’assois à côté de lui. Contre lui, même si t'es gauche. Même si t'es con, et tu le prends dans tes bras. Tu le lâches pas, tu veux pas le laisser tomber encore. Tu lui diras pas je t'aime, tout va s'arranger, mais tu le penses tellement fort qu'il doit l'entendre, au fond. A la place, tu fermes les yeux et tu poses ta joues contre la sienne. A la place des mots cette fois ce sont les gestes, c'est peut-être mieux pour cette fois, non ?


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