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 we're nowhere but now it feels like home (sinai)

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Andrés Fazio
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Mar 15 Mai - 0:20

pourquoi, je capte pas, les signaux contraires que j’envoie ? la douce mélodie qui annonce le déluge, le dieu du carnage. pourquoi j’vois pas le trou béant dans ma poitrine ? c’est comme si j’me vidais de l’intérieur, foutue hémorragie. j’pourrais plus dormir maintenant. j’pourrais pas trouver péniblement le sommeil. c’est plus possible. j’peux pas dormir en sachant la bombe à retardement qui nous guette. maintenant qu’il ne répond plus. peut-être que ça marchait avant, peut-être que j’pouvais m’en accommoder avant. mais j’pourrais pas, faire comme si ça n’avait pas existé. fixer les formes des arbres sur le plafond, les ombres, la lumière qui réfléchit après huit heures. m’émerveiller de choses aussi connes, et sourire. j’veux plus jamais me réveiller. mettre un pied au bureau. voir les autres. j’veux plus sortir. comme si il y avait encore quelque chose à briser, comme si quelqu’un était réellement revenu aujourd’hui. il y a personne. je suis personne. j’avance sur mes deux jambes mais j’ai quoi comme consistance ? il y a quoi entre les vertèbres ? il y a qui sous l’échine ? comment j’avance ? avec quelle couverture de survie ? j’peux pas l’inclure sinai, j’veux pas risquer d’le noyer à ma place, sous une pluie d’insultes. faudrait que je fasse comme lui, me planquer sous une routine assommante. conduire pour aller vers nulle part. n’attendre rien. sinai il a sa fille mais moi j’ai qui quand je rentre chez moi seul comme un con ? avec qui j’fais la conversation à table ? j’me fais son tupperware et j’ferme ma gueule parce que j’ai pas les nerfs assez solides pour lui poser l’ultimatum. pour faire le compromis. pour me tirer une balle au-dessus d’un gilet pare-balles. j’veux pas le forcer, j’veux qu’il me choisisse parce que c’est évident pas parce que j’fais peine à voir. j’veux pas être un poids ni une relique d’un passé fantasmé. j’le sens s’assoir juste à côté de moi, j’prévois pas forcément la suite. c’est pas quelque chose d’habituel. et ça m’tue. ça m’rend nerveux de sentir ses bras contre moi. j’sais pas ce qu’il attend de moi, je sais qui il est. je connais le nom de son premier animal de compagnie, la couleur de sa brosse à dents, son signe astrologique, son groupe sanguin. mais qu’est-ce qu’il veut, sinai ? j’pourrais tout aussi bien lire un passage de la bible et crier un amen à la famille qui me manque. j’peux pas, sourire, attendre que ça passe. faire le videur et botter d’un coup de pied au cul mes mauvais sentiments et ressentiments. j’ai envie d’y croire, j’ai envie de croire. j’en ai besoin. de croire que ça a été fonctionnel un jour. comme un code informatique. j’ai besoin de croire qu’on était un putain d'algorithme mathématique plutôt qu’un parfait non-sens. j’ai pas besoin d’une raison pour me repentir. j’veux juste me souvenir de l’époque où on se souciait de rien. où on pouvait dire oui sans y réfléchir par deux fois. où je glissais pas ma main jusqu’à sa nuque en reniflant. j’sais pas ce qu’il fait sinai. c’est logique. mais je comprends pas. je comprends pas. il reste là, il bouge plus, comme un corps mort. il ne dit rien, il bouge quasiment plus. alors j’passe mes deux bras au-dessus de ses épaules et je l’enserre, comme un oiseau en cage. il a jamais été bien loin sinai. il est trouvable sinai. il a une adresse. des coordonnées qui fluctuent pas vraiment. pourquoi j’mets autant de temps à l’trouver alors ? j’ai du mal à respirer normalement quand j'sanglote comme un gosse, quand je renifle. et j’essuie mes yeux jusqu’à ce que ça fasse mal, et ça m’fait pleurer d’autant plus. je suis totalement débile bordel. j’ai... tellement merdé. et je m’en veux tellement que ça m’bouffe de l’intérieur. que j’pourrais jamais rédiger ce rapport à la con qu’on me demande. je vais pas y arriver. j’suis désolé. je ferme les yeux pour ne plus les rouvrir, en vérité, j'ai déjà grande peine à aligner deux mots. j’suis désolé. j’suis tellement désolé que j’le répète encore cinq autres fois. j’sais pas quoi lui dire. qu’est-ce que j’peux lui dire de plus censé que ça ? de plus honnête.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Mar 15 Mai - 12:05

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Toi qui voulais lui laisser de l'air, le laisser respirer, ne pas faire ton pot-de-colle, tu sais pas pourquoi tu romps ton petit serment. Tu sais pas pourquoi tu prends de grandes inspirations comme si tu venais de sortir la tête de l'eau. T'as pas coulé Sinai, pas officiellement, pas officieusement. C'est pas toi qui sors de captivité, c'est pas toi qui sors d'une douche avortée. Toi t'as juste été là à attendre qu'il revienne encore, à rien changer pour faire croire qu'il était toujours là. Oh, quelques meubles par-ci par là, de l'électroménager en plus, mais à part ça. A part ça, t'as pas changé d'adresse, t'habites toujours la même maison depuis quinze ans, t'habites toujours avec ta fille qui est pourtant adulte. Tu vis toujours la moitié de l'année seul dans ton lit. Tu travailles toujours en cuisine, à la caserne, parce que c'est bien beau les discours patriotiques, ceux qui disent de s'engager pour la patrie, pour ceux qu'on aime, mais toi tu gardes juste ta zone de confort. C'est plus toi qui court face à l'ennemi, face à ceux qu'on te dit de tuer pour la patrie, c'est pas toi qui t'introduit dans des milieux sensibles pour faire tomber les grands pontes. Toi t'es là pour accueillir celui qui prends tous les risques à ta place. T'es cette bonne femme qu'on voyait dans les années cinquante à la télévision, la bonne petite ménagère de moins de cinquante ans, à entretenir le foyer pour l'homme rentrant du travail. C'en serait presque drôle si la situation n'avait pas évolué en soixante ans. Tu sais pas s'il va pas te repousser Andrés quand tu fais ça. Tu sais pas s'il va pas te dire que t'es trop sensible, trop niais, parce que tu le prends dans tes bras. T'as cette crainte, comme toujours, qu'il se dise que finalement t'es pas fait pour lui et qu'il te dise encore que tu es simplement un pauvre con. C'est pas toi qui a mal au cœur, c'est pas toi qui a le droit de t'imposer dans sa vie pourtant tu le fais tous les jours. Tu t'imposes et pourtant quand il fait la même chose, tu freines, tu t'inventes des excuses comme tu le fais toujours et tu sais pas jusqu'à quand ça tiendra. Ça fait douze ans mais qui sait à quel point cette épreuve l'a changé, Andrés ? Tu te sens démuni, fragilisé, et incapable de trouver les bons mots. Alors t'accueilles avec soulagement cette main sur ta nuque. Comme une bénédiction, alors qu'il met ses mains autour de tes épaules, qu'il te repousse pas, qu'il te garde près de lui. Qu'il t'a jamais semblé aussi vulnérable que maintenant, mais que tu trouves absolument pas ça risible ni agréable. Qu'il sanglote contre toi, et que tes yeux s'embuent aussi. Que tu te forces à ce que ça n'aille pas plus loin, que t'essaies de prendre la place du fort, du roc, du pilier. D'être là pour qu'il se repose sur toi et qu'il oublie, un moment, ce qu'il à merdé là-bas comme il dit. Tu lui fais pas chuut, tu lui dis pas de banalités. Il s'en fiche Andrés, que tu lui dise que tout va s'arranger parce que c'est vide de sens à l'heure actuelle. Il le voit pas comme ça Andrés, tu penses. T’essaies pas d’amoindrir le truc, c'est un minimum. T'essaies pas de faire comme si c'était rien de plus qu'une petite faiblesse passagère, parce que t'espère qu'il va se rendre compte qu'il faut faire quelque chose. Mais là tout de suite c'est pas ton rôle et t'en as conscience. Alors même s'il dit qu'il est désolé mille fois, même s'il le répète en boucle, c'est pas toi qui vas l'en empêcher. Tu le laisses dire, tu le laisses faire, parce les choses que t'as envie de lui dire, ce ne sont pas celles qu'il veut entendre maintenant. « Moi aussi. » Tu murmures, parce que toi aussi t'es désolé de tout, désolé de pas avoir été là. Désolé de ne pas avoir été là aujourd'hui, hier, et pour toutes les autres fois où tu as pas été correct avec lui.



 
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Andrés Fazio
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Mar 15 Mai - 22:35

comment ça va ? c’est ce qu’on dit normalement. on se suffit de rien. on espère qu’il répondra vite. qu’il pense comme je pense à lui. on dit rien, on n’arrange rien. on garde une photo et quand on demande, on répond que c’est un bon ami. un meilleur ami. un ami d’enfance. on répond n’importe quoi. on crache même pas un prénom. on modèle la vérité pour ne mentir qu’à moitié, faut quand même que ça tienne la route. que les pneus soient adaptés, solides. là c’est la longue pente vertigineuse qu’on prend, et j’le prends avec, j’le pousse, je tire, je déracine tout comme une tornade de niveau 7, 8, 360 on s’en fout. plus j’ai envie de m’éloigner, plus je m’accroche désespérément à son cou. je pourrais pas être à sa place, j’aurais jamais pu attendre, voir les soleils se lever, les uns après les autres. j’aurais pris le premier avion, le premier bateau, retourner les plaques tectoniques mais ça, ça doit être parce que j’suis cinglé. que si on me retire mon insigne j’suis personne. j’suis comme n’importe quel hispanique de ce pays, déconsidéré, limité à un job minable et sans envergure. il y a rien de particulièrement séduisant à préserver si sinai n’en fait pas parti. j’vais pas faire agent de terrain jusqu’à mes soixante piges. j’ai pas l’intention de finir à tamponner des trucs aux archives avec mes regrets. avec ma tronche de défaite. ma tronche-fiasco. je pose ma main sur sa joue, j’essaie de gérer la crise, la situation. comme si j’pouvais encore préserver les apparences. provoquer. j’pleure, ça m’permet de pas frapper. j’suis pas insensible, j’ai jamais prétendu l’être. j’essaie juste d’être responsable et sensé quand j’peux m’illustrer. alors j’me répète que ça va aller, parce que ça va aller. j’peux pas ressasser toute cette merde indéfiniment. ça va aller, j’accepte, de m’laisser submerger. de boire le poison. ça va aller, j’en ai plus rien à foutre maintenant. je veux plus faire semblant. j’ai pas l’humeur de mon sourire de façade. j’ai jamais été un bon comédien face à sinai t’façon. mentir c’est pas mon truc. je vais pas refaire les règles de l’univers une cible collée au milieu du front. j’ai pas besoin d’oublier, j’ai besoin de me souvenir. de pas gaspiller ma salive pour des broutilles. même si ‘désolé’ ça veut tout et rien dire en même temps. désolé ça ne fonctionne pas. désolé c’est pourri. mais c’est la seule émotion qui m’vient. ça et celle consistant à lui arracher la peau du dos. maintenant ça m’dégoûte. maintenant que j’ai relié la conséquence à sa cause, évidente, ça me dégoûte. c’était pas un puzzle que j’voulais faire. j'agrippe son tee-shirt sinai, avec le pressentiment de perdre quelque chose de précieux, là, maintenant. j’sais pas quoi. j’le relâche -brièvement-, recule un peu sur le dossier du canapé. et j’ose plus rien dire, j’ose à peine croiser son regard. je sais pas de quoi il est désolé ce soir mais j’peux pas lui demander, ça serait pas correct. moi j’ai que des ‘je ne sais pas’ à lui offrir. des rivages sans horizon. j’ai besoin de réparer quelque chose. une armoire, une machine, un moteur, n’importe quoi. je l’embrasse pas une seconde fois, s’il m’en veut encore, j’aurai pas la force d’me prendre une crampe. alors j’garde son tee-shirt, son épaule, dans la paume de ma main, refusant qu’il parte, qu’il se lève, qu’il se détourne. ‘va te faire foutre’ c’était ça le message, quand j’ai décidé de prendre cette mission. c’était une rupture, une forme de rupture. c’était le point final d’un pauvre drame à 5 balles vendu sur l’étale d’un vide-greniers. maintenant ça en vaut 10. t’es toujours mon meilleur ami ? c’était ridicule, et j’ai beau être dans un état calamiteux, faut que je souligne l’absurde de la situation. le fait qu’on soit rien l’un pour l’autre.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Mer 16 Mai - 19:31

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Y'a pas souvent de manuel pour la vie, pas souvent de marche à suivre expliquée pas à pas. En tout cas y'en a aucun d'efficace pour faire face aux relations humaines. Aucun qui te dis quoi faire à quel moment, et à quel moment s'abstenir. Alors c'est toujours du quitte au double les relations, toujours du tatillons : que faire pour plaire, que faire pour ne pas déplaire. Ou l'inverse. Mais toi t'apprécies trop Andrés pour faire n'importe quoi. Même apprécier c'est pas un terme adéquat, t'en as juste pas d'autre qui te traverses l'esprit à l'instant. Apprécier, c'est comme apprécier un bon vin, mais ça s'applique pas à ta relation. Ça s'applique pas pareil, ça colle pas au moule, ça colle pas aux étiquettes de la société. T'es censé être casé, marié, voire divorcé mais en ayant emménagé à deux. Et pas à deux avec ta fille. Mais la société et ses diktats, t'es pas le premier à t'en foutre et tu seras pas le dernier. Toi les diktats, tu leurs ris au nez : ils n'ont rien à faire dans ta vie, même si tes actes sont parfois à contrario de cette pensée. Difficile de faire abstraction de tout, mais t'essaie, t'es juste un pas-doué de la vie. Un pas doué qui essaye de recoller des morceaux longtemps éparpillés. T'as jamais cru à cette rupture parce que des ruptures à la andrés-sinai, y'en a eu plein. Enfin, y'a même pas de couple au fond, y'a pas cet attachement profond. Mais si. En fait, y'a que cet attachement profond, enseveli sous des années de pieux mensonges. De, mais non on va pas emménager ensemble, j'ai pas la place pour mettre tout ton chez-toi ici. De, mon appartement est trop petit pour nous deux, et ta fille, t'y as à pensé ? De fausses excuses, de faux-semblants. Comme s'il n'y en avait pas déjà assez avec les gens, pour se les infliger à deux amants. Tu t'y es fait mais y'a des jours ça te plait pas. Comment tu peux dire aux gens, je me renseigne sur les missions d'Andrés, mais non, c'est juste un ami ? Tu sais pas, c'est juste l'habituel mensonge, l'habituelle omission. Il y a longtemps que vous n'êtes plus juste des amis pourtant vous faites toujours aussi semblant. Est-ce qu'on garde toujours dans l'armoire la brosse à dent d'un ami ? Est-ce qu'on garde toujours ses t-shirt, qu'on met les soirs de pluie ? Est-ce qu'il y a toujours cette émotion, quand passe à la télévision une énième émission, une énième série, mettant en scène le métier de son, ami ? Peut-être que oui finalement, t'es pas convaincu mais ça sera suffisant pour ce soir, alors qu'il se recule - un peu. Qu'il a toujours ton t-shirt, et sa main sur ton épaule. Tu sais pas à quoi il a pensé, mais son regard est différent. Et c'est pas les rougeurs qui le rendent différent, c'est pas la différence que tu as vue quand il a débarqué, c'est encore autre chose. Autre chose, et t'as envie d'investiguer, de demander, mais tu le feras pas. Tu le feras pas parce que tu respectes son silence. Tu respectes son foutu silence ce soir, mais ça veut pas dire que tu le respecteras demain. Tu sais pas ce que tu feras demain, de toute façon. Enfin, demain, ou plutôt tout à l'heure, vu l'heure. T'es censé travailler, tu crois, mais t'inventeras une excuse de toute façon. Tu t'es pas pointé, tu diras que tes douleurs t'on empêché de partir de chez toi, alors que la seule raison pour laquelle tu restes, et manquerais un jour de taff, c'est pour lui. « J'ai pas l'intention d'en changer, alors ouais. » T'hausses les épaules, c'est tout ce que tu sais faire. C'était quoi cette question d'ailleurs ? Une énième diversion certainement, une énième déviation. C'est pire que le parcours du combattant votre relation, y'a des obstacles à chaque pas, et parfois faut se séparer pour mieux revenir. « Mais tu comptes pas m'laisser dormir seul cette nuit, j'espère ? » T'sais bien qu'il a dit qu'il voulait sa place, mais entre-temps il a peut-être décidé que tu n'étais qu'un blaireau qui méritait bien une nuit sur canapé.


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Andrés Fazio
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Jeu 17 Mai - 21:20

c’est pas plaisant. il y a quelque chose qui sonne affreusement faux quand j’suis avec lui, du calcaire dans les os, du tartre à boucher les artères. un relent d’âme plutôt qu’un carré d’as. je garde toujours cette main accrochée à son épaule, geste futile qui le garde à distance tout en l’empêchant de définitivement s’éloigner. parce que j’ai que sinai, qui d’autre je pourrais réveiller en pleine nuit sinon lui ? je voulais pas signer pour ça mais on y est. fallait que ça arrive, le grand virage à nous jeter dans l’ravin. on y est. et j’parle pas de mon état, je parle surtout pas de mon état. je parle des trois ans qui sont passés. de l’absence. de l’excuse et puis du manque. il dit qu’il va pas changer, mais il en a rien à foutre, dans l’fond. dans l’fond on sait que j’finirai par lui courir après pour qu’il m’reprenne. que ma fierté à une espérance de vie maximum de deux semaines et demi. après je m’excuse. je m’excuse même quand j’y suis pour rien. surtout quand j’y suis pour rien. quand on s’reproche des trucs débiles qui sont pas nouveaux. tout comme un vieux couple qui sait plus occuper ses journées. c’est pesant. c’est pesant. parce que j’ai l’impression qu’il est constamment sur les nerfs, même là. même quand il hausse les épaules, penaud. même là. mais j’vais m’en foutre, parce que je suis pas son psy. j’me demande bien ce qu’il dit, sinai, à son psy. s’il me déteste quand il prétend tenir à moi comme maintenant. il me demande encore si j’vais dormir ici, alors qu’il est deux heures du matin. j’ai pas l’énergie non, de retourner dans ma garçonnière à compter les heures jusqu’à ce que le jour se lève. alors je m’invite, peut-être. peut-être qu’il avait d’autres plans, peut-être que sa fille dort au premier et qu’il essaie subtilement de me demander d’me casser. d’habitude il fait pas autant de manières. alors j’fronce les sourcils, légèrement. j’me retiens de lui dire que j’le laisserai pas dormir tout court mais j’ai pas l’cœur à rire. bah si, j’repars en trottinette chez moi d’ici une heure t’savais pas ? j’affiche un large sourire, coucou le foutage de gueule. en vérité j’fais le malin mais j’ai des cernes en forme de tombes, non, j’ai besoin d’mon chauffage d’appoint. pas d’un supporter, pas d’un psy, pas d’un meilleur ami, pas d’un mec qui est dispo que les 3/4 du temps. j’retiens ma respiration une seconde en voyant l’heure affichée sur sa box. ouais, il est tard c’est vrai. j’me suis pointé comme une fleur dans un fusil d’assaut, sans merci ni pardon. j’ai dit que j’étais désolé ouais, mais c’était la décision logique. j’ai fait c’que j’avais à faire. j’referais la même erreur aujourd’hui. parce qu’il a un caractère de merde mais que moi aussi. que j’ai la rigueur de mes bourreaux. la peur de m’éloigner trop loin, de la porte, de la fenêtre de l’extérieur. il y a plus personne à observer pourtant, il y a plus d’informations à avaler, de coups à prendre pour les autres, il y a qu’un souvenir qui prend des allures de présent. que j’ai préféré oublié, comme un mensonge, comme une image qu’on m’aurait implantée. j’le lâche, enfin. j’accepte l’uppercut. ta fille rentre demain ? j’me couche. à sa vie toute planifiée parce que j’veux pas me faire de faux espoirs. je sais pertinemment que ça va pas durer, qu’il aura pas la même compassion dans deux semaines sinai. que j’serai bientôt chez moi à me faire justice pour ignorer ses messages. pour pas être le gros con de l’histoire. mais ouais, il a pas besoin d’me l’dire, j’ai pas besoin d’une expertise pour comprendre qu’elle vit encore ici, au moins par intermittence. j’ai pas à ouvrir les yeux sur sa situation.
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Sinai Fahlsen
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Dim 20 Mai - 23:32

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T'aimerais bien que son sourire revienne. Que son vrai sourire revienne, que ses traits soient moins cernés. Qu'il semble moins prêt à s'envoler, prêt à partir au moindre coup de vent. Au moindre coup dans l'eau. T'as pas l'impression qu'il est vraiment là Andrés, tu sais qu'il manque trois ans, mais que c'est pas tout et qu'il y a tout l'ensemble qui vous pèse dessus. Comme si on empilait les cartons sur vos épaules en attendant que vous cédiez et partagiez la tâche. C'est le même fardeau. C'est le même poids. Pourtant c'est ce à quoi on s'attend, au partage. Et t'en as assez de faire semblant de porter ta douleur et uniquement la tienne, comme lui la sienne et uniquement la sienne. T'as parfois l'impression que c'est tellement évident que vous partagez qu'il n'y a rien à en dire, et parfois t'as envie de le crier comme une libération. Andrés, il fait le pitre pour détendre l'atmosphère. Il dit n'importe quoi, juste pour pas s'interroger sur ce que tu dis, sur ce qu'il dit. C'est pas lui ton meilleur ami, ça sera jamais lui parce qu'il est autre chose et qu'il sera jamais moins que ça. N'importe quoi. T'aurais scié la trottinette si c'était vrai. Y'a des jours, t'es tellement accroc à lui que tu le laisses même pas respirer. Des jours, t'es tellement accroché à ses mots et à ses gestes, que tu fais n'importe quoi pour qu'il te porte de l'attention. T'es pas toujours certain qu'il s'en rende compte, ou s'il fait exprès d'en jouer et de te rappeler les conneries que t'as pu faire pour attirer son attention. Tu te souviens un soir, t'es monté sur une fontaine juste pour qu'il arrête de te faire la tronche. C'était y'a longtemps, quand tu pensais devoir te montrer indispensable pour qu'il t'aime. T'as glissé et tu t'es retrouvé trempé, à minuit et demi, et lorsqu'il s'est approché pour voir si tout allais bien tu l'as forcé à te suivre dans l'eau comme un gamin. T'as envie de le retrouver, Andrés, de retrouver cet Andrés-là, pas celui post-mission-carnage. T'allais dire un truc, embrayer sur le chauffage d'appoint, mais ton rire s'étrangle lorsqu'il tacle. Lorsqu'il évoque l'argument ultime, ta fille, qui est sortie boire un verre entre copines et qui n'est pas censée rentrer ce soir. T'as pas insisté pour savoir quand elle rentrait, parce que tu l'attendais lui, et elle a du le comprendre quand elle a dit dormir chez une amie. Tu déglutis, alors qu'il lâches ton épaule. T'es baisé, parce que quoi que tu dises c'est fichu. Comme si tu pouvais tourner le dos à ta fille, la forcer à aller vivre ailleurs pour vous laisser de la place. Tu peux pas, il le sait, et combien de fois il n'en a pas joué, avec tes nerfs, avec les siens. « Je sais pas. » T'oses dire, c'est la vérité mais t'es pas sûr qu'il va y croire. Le père poule, qui sait pas exactement quand sa fille rentre ? Pourtant s'il te regarde droit dans les yeux, il verra que c'est vrai, que t'es pas entrain de lui mettre de la pommade verbale. Alors oui, t'essayes de croiser son regard, t'essayes de le forcer à te regarder juste pour pas qu'il s'imagine que tu le jettes déjà. « Elle m'a pas dit, et elle est occupée demain. » Toute la journée, t'as envie d'ajouter, juste pour qu'il reste avec toi, la nuit, et le reste. Tu veux pas qu'il s'en aille pourtant c'est systématique quand elle vient sur le tapis. « T'as pas envie qu'on aille se coucher, là ? » Tu tentes pour désamorcer. Dévier les pensées, les paroles, avant que ça ne dégénère.



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Andrés Fazio
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MessageSujet: Re: we're nowhere but now it feels like home (sinai)   Lun 21 Mai - 13:44

jour un. faire bonne impression, rire, faire l’idiot. j’sais l’faire ça, c’est typiquement dans mes cordes. c’est tellement dans mes cordes qu’on m’prend pour un abruti 99% du temps et c’est très bien. ça m’permet de mettre un coup de taloche dans la fourmilière quand il faut. ça m’permet de cracher la vérité comme un moteur d’une voiture de f1. de sortir de la piste pour balancer les pires atrocités. ou la vérité, qui se révèle parfois plus dégueulasse qu’un « fils de pute va niquer ta mère ». ouais, c’est moche. c’est froid. c’est gris quand il est pas là sinai. quand il désamorce pas les bombes comme un démineur, quand il attise, aiguise le couteau que je tiens à la ceinture. on n’est pas des machines, on n’a pas une obsolescence programmée. ça serait peut-être plus simple, d’avancer quelque part, sans lui. mais moi je l’ai intégré, partout. sous ma peau, comme une puce électronique. il me faut au moins ça pour avoir l’air d’un imbécile heureux quand j’arrive en retard au bureau. il dit qu’il sait pas, mais il sait rarement. il sait jamais jusqu’à ce qu’il me foute dehors comme un amant de seconde zone. j’me suis déjà barré pour moins que ça, parce que ça m’gonfle et qu’il le sait. alors maintenant il dit qu’il sait pas, comme ça je reste, comme ça il a pas à mentir, à créer un énième conflit dont on pourrait se passer. c’est pas l’moment, même si sa réponse m’satisfait pas. j’ai besoin de me caler contre lui. d’entendre ses petits ronflements. de sentir son corps contre le mien. de capter quelqu’un. de me sentir relié. alors j’lui souris, très légèrement. ok. j’suis pas spécialement convaincu, mais je m’en fous d’sa fille ce soir à sinai. j’veux plonger la tête la première dans l’oreiller, retrouver un sommeil paisible. fermer les deux yeux plus de trois heures successives. pour le reste on verra demain, si j’arrive à bouger, à sortir du lit. si j’pourrais gérer la suite. retourner à ma garçonnière tout seul, comme un grand, me supporter moi-même. si j’pourrais continuer à danser sans public. alors c’est pas vraiment que j’accepte une nouvelle fois d’être le numéro deux, c’est pas du dépit, c’est que j’ai pas la force d’lui réclamer quelque choque. j’peux pas débouler aussi tard après autant de temps et me muer en gamin capricieux. même si j’veux, tout un tas de trucs que j’aurai jamais. on verra demain, plus tard, beaucoup plus tard. il propose qu’on se pieute et pour une fois, j’le suivrai les yeux fermés. on pourra parler demain, ou ne pas parler du tout.
aspirer à mieux, un corps en bon état, une tête qui pense sans aigreur ni amertume. on peut aspirer, rêver, prétendre avoir le contrôle. mais en attendant, on va s’abandonner dans un songe, l’un contre l’autre, et ça sera bien. ça sera très bien. en attendant, j’demande rien de plus. tout me va. j’lui attrape la main pour le relever. signe évident que j’ai pas l’intention de veiller toute la nuit pour savoir si lola va finir par se taper jamie ou andrew. sauf que, j’ai pas la force de le soulever sinai. pas qu’il ait pris du poids pendant mon absence. faut que je m’y mette à deux mains pour le mettre debout, c’est tout. et j’relève pas, parce que ça m’ferait encore péter une pile, intérieurement, derrière un sourire puéril. j’voulais pas jouer le squatteur mais j’attendais que ça. en vérité, ça m’emplit de joie. et ça m’terrorise en même temps. jusqu’à ce que je débarque dans sa chambre comme christophe colomb. j’fais le saut de l’ange à quelques centimètres du lit, me laisse tomber comme une grosse masse sur le matelas. c’est affreusement con. je ferme les yeux un instant, la bouche contre la couette. franchement, m’juge pas sinai mais demain si tu veux que j’sorte du lit faudra m’traîner. je bâille, me retourne vers lui et j’tends à peine les bras dans sa direction pour qu’il se rapproche.
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