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 Tell me where to now ? [Toby] (flashback)

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Rick Miller

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MessageSujet: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Sam 7 Juil - 18:20

Tell me where to now ?



December, 2017

Les paupières frémissent. Les oreilles bourdonnent à tel point qu'il n'entend pour le moment que de bruits sourds, aucun son net. Et, tout doucement au fil des secondes, alors qu'il reprend progressivement conscience de son corps, l'oreille droite se fait plus apte à entendre alors que le bourdonnement dans l'oreille gauche continue de n'être qu'un bourdonnement incessant et désagréable. Et le premier bruit qui lui parvient du côté droit est un hurlement. Il ne reconnaît pas la voix sur le moment. Il sait que c'est une voix d'homme mais c'est tout. Et bientôt d'autres hurlements se joignent à ce hurlement. Alors il rouvre les yeux Rick, et ce n'est que poussière et brouillard au premier abord. Rien que ça durant les premiers instants. Il n'a pas encore totalement conscience de son corps dans son entiereté. Il ne se pose pour le moment aucune question, il faut déjà qu'il parvienne à remettre les choses dans l'ordre et à se souvenir ce qu'il s'est passé. Ses yeux parviennent à voir au-delà du brouillard et de la poussière. Il reconnaît Samuels. C'est lui qui hurle. Sans doute parce qu'il a mal. Lui aussi il a mal. Il le réalise soudainement, brutalement. Pas de hurlement de sa part, un grognement plaintif tout au plus alors qu'il détourne son regard de Samuels pour se redresser un peu et regarder d'où vient la douleur. Non : les douleurs. Les yeux se posent d'abord sur son flan gauche où il voit une tige métalique plantée. Elle a dû briser des côtes au passage car il a extrêmement mal. Il distingue du sang mais l'idée de retirer la tige ne lui traverse même pas l'esprit. Il est conscient que si hémorragie il y a, retirer la tige c'est prendre le risque de l'aggraver. Et même si les mouvements sont douloureux, ce n'est finalement pas ça qui lui fait le plus mal non. C'est sa jambe gauche. Pendant l'espace d'une seconde il a peur de regarder au-delà de cette blessure à son flan gauche. Il a peur de regarder sa jambe et de ne pas la voir. Qu'elle ait été arrachée. Il a peur oui alors il se rallonge dans la poussière et dans la terre quelques instants, le temps de trouver le courage parce qu'il lui en faut vraiment. Au cœur de sa respiration anarchique et douloureuse, il parvient à prendre une profonde inspiration par le nez avec de souffler par la bouche et de se redresser un peu, juste assez pour pouvoir apercevoir sa jambe. Et il se laisse tout de suite retomber de nouveau en arrière, sa respiration s'accélérant un peu plus encore. Sa jambe est toujours là et cela devrait être un soulagement mais il a vu l'état dans lequel elle est. Il a vu. Et il le sent. Les larmes lui montent, de douleur, d'horreur aussi puis il jette un coup d'oeil circulaire. Il aperçoit des silhouettes qui déambulent, il voit des gens hurler, pleurer, accroupi sur des silhouettes qui elles ne sont jamais plus que des cadavres. Ses hommes il ne les voit pas. Il ne voit que Samuels qui continue de hurler. Son fusil est juste à côté et il s'en saisit avenc de prendre appui sur ses coudes pour se traîner ensuite en arrière non sans gémir de douleur entre ses dents en bougeant de cette façon. Il sait qu'il ne doit pas trop bouger mais il doit s'asseoir. Alors, à l'aide de ses coudes, il se traîne jusqu'au premier mur et il est à plusieurs mètres ce mur. C'est peu et pourtant à lui, cela lui semble tellement loin. Au prix d'un nouvel effort et de douleurs abominables dans son flan gauche il parvient à se hisser et à s'asseoir contre le mur après s'être débarrassé de son arme et de son sac qu'il pose à côté de lui. Il porte sa main près de la tige en métal et tente de prendre de profondes inspirations pour se calmer. C'est compliqué. C'est difficile. Mais il garde son calme.

Il est formé pour ça.

Il observe alors avec plus d'attention sa jambe  et les larmes lui remontent aux yeux. Il a beau se contrôler et ne pas perdre son calme il voit les blessures. Il voit son fémur qui a arraché la peau de sa cuisse. Il voit les brûlures et le tissu de son pantalon collé aux brûlures. Tissu imbibé de sang à bien des endroits alors il se penche un peu en avant, et retire le tissu dans un hurlement. Cette fois, il ne peut pas s'en empêcher. Il sait qu'il doit le faire, qu'il doit retirer le tissu pour éviter qu'il ne colle à sa peau carbonisée et arrachée à bien des enfroits mais oui, c'est monstrueusement douloureux. Il le fait malgré tout. Il le fait. Il attrape ensuite une bouteille d'eau en plastique dans son sac et verse de l'eau sur sa jambe, là encore dans un hurlement. Mais c'est encore une fois nécessaire. Il reprend ensuite appui contre le mur et porte sa main à sa radio accrochée à son gilet par-balles. Et il lance un appel à qui pourra bien l'entendre. Il faut que les siens arrivent et qu'ils arrivent.

Très vite.

|-|

« Je suis le Docteur Baumann. Je suis l'un des chirurgiens qui s'est occupé de vous.
- L'un des chirurgiens ?
- Un neurologue et un chirurgien plastique ont également participé à l'opération. Je suis chirurgien orthopédique. »

Rick hoche brièvement la tête. Très brièvement. Il détourne son regard du médecin allemand et pose ses yeux sur le mur gris de l'hôpital militaire qui l'a accueilli. Les premiers soins ont été faits sur place, puis il a été transporté dans un hôpital et quand il a été stabilisé, il a été rappatrié dans un hôpital militaire en allemagne. Pas le choix. Impossible de le rappatrier directement sur le sol américain, les blessures étaient bien trop graves pour cela. Pourtant il n'aspire qu'à cela Rick. Rentrer. Rentrer chez lui et tout faire pour se remettre sur pieds. Déjà oui mais le devoir n'attend pas. Et il espère pouvoir l'accomplir encore son devoir. D'autres n'auront pas cette chance. Samuels le pourra peut-être, de ce qu'on lui a dit, il a été sévèrement touché. Les trois autres officiers qu'il avait sous ses ordres eux ne le pourront pas. Tués sur le coup. Parce que même s'ils ont été prudents comme ils l'étaient toujours, ils ne pouvaient pas prévoir l'explosion de cette voiture. Non, ils ne le pouvaient pas. Lui, Rick, ne le pouvait pas. Il s'accroche à ce fait pour ne pas se faire accabler par une culpabilité qui n'aurait pas lieu d'être et pour pouvoir aussi faire honneur à ceux qui ont perdu la vie.

« Sergent Chef Miller ? »

La voix du chirurgien se rappelle à lui et il reporte son regard sur le Docteur Baumann. Il serre les dents Rick. Il a mal. Très mal. Mais il a refusé la morphine.

« Je voudrais vous parler de votre chirurgie. »

Encore un bref hochement de la tête de la part de Rick qui, il ne peut se le cacher, redoute cette conversation. Il craint le pire bien qu'il espère le meilleur.

« J'ai pu réduire votre fracture et replacer votre fémur. Si vous ne présentez aucune complication post opératoire, la guérison de la fracture devrait être totale.
- Bien. »

Oui, c'est bien ça. Pourtant le chirurgien n'affiche pas un air particulièrement réjouissant. Il est neutre mais une neutralité qui tire sur la gravité.

« Je comprends pourquoi le chirurgien plastique, c'est à cause de mes brûlures mais pourquoi un neurochirurgien ? »

La question s'échappe de sa bouche avant même que le Docteur Baumann ait pu poursuivre. Oui, il a bien compris le pourquoi de la présence du chirurgien plastique puisqu'on lui a expliqué, avant qu'il ne soit rappatrié en allemagne, que sa jambe avait subi des brûlures de troisième et quatrième degrés par endroits. Donc forcément, le chirurgien plastique s'est occupé de cela pendant l'opération, ils en ont profité et Rick en a été reconnaissant à son réveil car, même si la douleur est difficile à supporter, les premiers soins qui sont les pires dans de telles brûlures ont été faits alors qu'il était inconscient. Le Docteur Baumann attrape une chaise et vient s'asseoir près de Rick, et ça lui colle un frisson désagréable à Rick. Parce que ce n'est pas bon signe. Il sait que ce n'est pas bon signe.

« Parce que certaines brûlures ont atteint un quatrième degré sévère et que vos muscles, tendons et nerfs ont été touchés.
- D'accord... »

Il est pris d'une nausée qu'il réprime comme il peut.

« Mais les brûlures ne sont pas les seules responsables. »

Rick fronce les sourcils et le Docteur Baumann soupire avant de reprendre.

« Votre jambe a subi de graves dommages. De nombreux morceaux de chair ont été arrachés dans l'explosion et malheureusement, ces blessures-là n'étaient pas surperficielles.
- Ce qui veut dire ?
- Que certains de vos muscles, tendons et nerfs sont à ce jour irréparables. »

A ce jour... Les larmes lui montent aux yeux. Il crispe la mâchoire.

« Ils le seront un jour ? Est-ce que je pourrai récupérer totalement l'usage de ma jambe ?
- Je n'ai pas la réponse.
- Je veux pas de ça. Je veux pas de mensonges. Dites-moi. »

Le chirurgien marque un pause. Et il comprend Rick mais il a besoin de l'entendre.

« Le neurochirurgien pense qu'il sera possible d'effectuer quelques greffes pour essayer de vous permettre de retrouver autant de capacités que possible mais vous ne retrouverez jamais la totalité de l'usage de votre jambe. Je suis désolé. »

Pas autant que lui.
Pas autant que lui...

|-|

« Je vais appeler l'hôpital et dire que je ne vais pas bosser.
- Non, dis pas de bêtises. »

Rick a le regard plongé dans celui de Riley qui lui tient la main. Il est rentré depuis quelques heures et elle ne l'a pas lâché un instant. Il faut dire qu'elle a eu une sacrée trouille quand il l'a appelé de l'hôpital pour lui dire qu'il était sur le sol américain et qu'il avait été blessé. Le pire ça a été quand elle est arrivée, qu'elle a vu sa jambes. Elle a compris tout de suite, il n'a pas eu besoin de lui expliquer ce que ces blessures entraînaient pour lui : la fin de sa carrière sur le terrain. Il ne sait pas trop ce qu'il va devenir. Là, il ne sait pas et les médecins lui ont dit que de toutes les façons, pour le moment, il doit se concentrer sur sa guérison. Et il en a pour un moment. Plusieurs semaines à l'hôpital pour de nouvelles opérations et pour les soins avant de pouvoir espérer se remettre debout. Il ne sait même pas dans quelle mesure il pourra marcher. Non, il ne sait rien.

« Je veux pas te laisser seul.
- Toby va arriver bientôt. Je l'ai appelé aussi. Tu vas pas commencer à mettre ta vie entre parenthèses à cause de moi.
- Tu comptes plus que mon boulot.
- Je le sais ça. Je le sais. Mais ça sert à rien que tu restes ici. Va bosser et t'auras qu'à revenir me voir après, d'accord ? »

Elle a du mal à partir mais elle le fait et ça l'arrange au fond parce qu'une fois qu'elle s'en va, il peut craquer Rick. Devant elle il n'a pas osé. Il n'a pas osé parce qu'elle a pleuré en arrivant et elle a eu du mal à s'arrêter et il ne veut pas qu'elle s'inquiète encore plus alors il a gardé pour lui. Il a gardé et maintenant... Maintenant tout ça sort. Tout ça explose. Les larmes coulent, il étouffe ses sanglots dans sa main et ça dure un moment. En fait, ça dure jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur Toby. Et ça continue de plus belle quand Rick croise le regard de son frère de cœur. Il est heureux de le voir. Il est heureux d'être encore en vie et de pouvoir le voir. Mais il est dévasté Rick.

Dévasté.



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MessageSujet: Re: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Jeu 12 Juil - 20:53

Tell me where to now ?



December, 2017

C’était une belle journée.

Toby s’était réveillé dans les bras de son amant, et ils avaient trainé toute la matinée au lit; à se taquiner, à faire l’amour et à rire comme des enfants à des blagues idiotes. Leur amour retrouvé semblait leur donner un nouveau souffle; et surtout c’est comme si Toby pouvait respirer de nouveau après avoir été en apné trop longtemps. Et quelque part, c’était ce qu’il s’était passé. Avoir eu à prétendre qu’il allait bien pendant des mois dans un environnement qu’il méprisait encore davantage maintenant qu’il le donnait pour entièrement responsable de sa rupture avec Jamie (après tout tout allait bien avant qu’il n’ait la merveilleuse idée de s’engager pour se rapprocher de son amant) ça l’avait épuisé et lui avait demandé beaucoup trop d’efforts, d’angoisses, et de nuits passées à ne pas dormir. Et puis, soyons honnêtes, il était beaucoup plus facile de blâmer l’armée plutôt que de se blâmer lui même. Parce qu’au fond de lui, il le savait pertinemment : qu’il ne pouvait s’en prendre qu’à lui même. C’est lui qui avait rompu, pas Jamie. Et il l’avait regretté tous les jours jusqu’à ce que la vie soit pour une fois de son côté et qu’ils se réconcilient. Mais il avait fallu que Jamie manque de perdre la vie pour ça, et ça Toby avait du mal à se le pardonner. C’est pour cette raison que désormais ils tâchaient de ne plus rien se cacher et tout mettre à plat dès que quelque chose n’allait pas; et que Toby  tâchait de profiter de chaque moment qu’il passait avec Jamie le plus possible. C’était bien cliché comme pensée, mais Jamie avait tendance à le rendre bien trop niais bien qu’il ne l’assume aucunement si on essayait de le mettre devant le fait accompli. Et puis Jamie était parti pour repasser chez lui avant de se rendre à la base pour son rendez vous avec Sara pendant que Toby profitait encore de son jour de congé amplement mérité selon lui. Il avait bien proposé une ou deux fois à Jamie de l’accompagner mais il avait bien vite compris que c’était quelque chose que Jamie devait faire seul, et il le comprenait même s’il se sentait impuissant.

Et puis il avait reçu l’appel, qui lui avait retourné les tripes même s’il était resté calme en apparence : ça ne servait à rien de manifester sa panique évidente quant à l’état de son ami. Car c’était celui qu’il considérait comme un frère à l’autre bout du fil; pour lui dire qu’il était de retour au bercail. Ce qui aurait dû être une sacré bonne nouvelle puisque Toby était fatigué de se faire des films catastrophes tous les quatre matins. Seulement voilà, Rick l’appelait pour lui dire qu’il avait été blessé. Et qu’il était à l’hôpital. Blessé. A l’hôpital. Toby n’avait pas eu les détails à l’appareil, il n’avait pas pensé - ou plutôt pas voulu, par crainte, lâcheté sans doute - à à les demander, trop occupé aussi à lui dire qu’il arriverait aussitôt que possible. Il avait raccroché, un peu hébété. Interdit. Angoissé. Au téléphone, son ami lui avait semblé plutôt composé, mais Toby savait bien que ça ne voulait rien dire. Et si ça avait été mineur, il lui aurait dît. Pour qu’il omette des détails, Toby avait bien saisi que c’était sérieux. Il en avait mal au bide d’angoisse même s’il avait tâché de rester calme. Au moins, Rick avait été capable de l’appeler, et calmement. Il ne devait donc pas être en danger mortel, n’est ce pas?


Dans les couloirs de l’hôpital, Toby grimace. Il déteste les hôpitaux de tout son être, et leur odeur de mort. A vomir. Malgré ça, il avale les mètres avec rapidité, tâchant d’ignorer le noeud dans son estomac qui grossit de plus en plus à mesure que les secondes passent. Il a entendu un moment avant de venir, sachant que Riley serait déjà là et ne souhaitant pas briser une réunion fraternelle qui doit être difficile. Ce n’est pas sa place.

Il toque légèrement à la porte de la chambre qu’on lui a indiqué avec appréhension avant de l’entrouvrir, s’immobilisant alors une fraction de seconde devant la scène se déroulant devant ses yeux, qui lui brise le coeur. Il ne faut pas être devin pour comprendre ce qu’il se passe, mais plus que l’état de la jambe de son ami - qui le révolte et le submerge d’une haine sans nom - ce sont les sanglots étouffés de Rick qui le bouleverse. Il ne réfléchit pas Toby, franchissant les quelques mètres qui les séparent avant de poser au sol ce qu’il a amené avec lui afin de pouvoir récupérer son ami dont les pleurs ne semblent pas se tarir - pas de fierté mal placée entre eux. Ils sont au dessus de ça. “Hey, hey…” Il déteste voir son ami comme ça. “C’est ça, relâche tout.” Et puis il se tait Toby, se contentant d’être là pour lui. Il n’y a pas de pitié dans sa voix ou ses gestes, seulement une profonde affection et un soutien qu’il espère indéfectibles. Il n’y a de toute façon rien à dire. Parfois une présence vaut mille fois plus que de simples paroles.

Ils restent un long moment ainsi avant qu’il ne sent Rick se calmer, et quelques minutes, s’éloigner légèrement. Il lui tend un mouchoir. “Je suis content de te voir.” Il commence par ça. C’est ce qu’il y a de plus vrai. Je suis soulagé de te voir en vie. Mais c’est sans doute pas ce que son ami veut entendre. Puis, maladroitement, parce qu'il a jamais été doué avec les mots Toby... “... Qu’est ce qu’il s’est passé?” Tout. Comment ça a pu arrivé?! Qui est le fils de pute qui est responsable de ça? …… Est ce que tu vas pouvoir remarcher un jour?

Rectification: c’était une bonne journée de merde.


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MessageSujet: Re: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Lun 30 Juil - 20:06

Tell me where to now ?



December, 2017

La douleur physique est une chose. La douleur mentale en est une autre et c'est bien la douleur mentale qui accable Rick en cet instant, la douleur physique étant maintenue (plus ou moins) par les anti douleurs. Il a mal. Partout, partout, partout... Il a l'impression de mourir de l'intérieur parce que tout s'est effondré, tout s'est écroulé. Oui, il est en vie mais quelle vie ? Il a beau faire celui qui est un roc, il est en réalité terriblement fragile depuis l'explosion, ébranlé. Particulièrement ébranlé. Parce qu'il sait que sa vie va changer, il sait qu'il ne pourra plus jamais être le même homme et ça, ça le ronge à un point... Alors bien sûr qu'il craque, bien sûr qu'il pleure comme il n'a pas encore pleuré depuis que tout ça est arrivé, et certainement pas devant Riley non. Certainement pas. Mais seul il peut tout laisser sortir. Et en présence de Toby également bien sûr car il n'est rien qu'il pourrait ou voudrait cacher à son frère de cœur, rien. Il sait qu'il peut être lui-même, quoi qu'il advienne alors non, il n'essaye pas d'afficher un masque de force et de se contenir quand il voit Toby. Il se laisse bien au contraire totalement aller à cette douleur, à cette tristesse et à cette rage également. Rage que tout soit terminé pour lui. Et quand Toby arrive enfin à sa hauteur, Rick tend les mains vers lui, prêt à s'accrocher à son ami, comme une personne ne sachant pas nager s'accroche à une bouée de sauvetage. Les doigts du soldat, ex-soldat, s'accrochent aux épaules de Toby qui le serre contre lui, qui lui murmure qu'il peut tout relâcher. C'est ce qu'il fait Rick. Là, dans les bras de son frère, il pleure encore, et encore, et encore. Il pleure l'état de sa jambe. Il pleure sa carrière sur le terrain terminée. Il pleure surtout ses hommes perdus, ceux dont la vie a été arrachée. Et c'est terrible comme ce mélange et ce déluge d'émotions le prennent à la gorge au point qu'il en a du mal à respirer. Parce qu'il souffre de savoir que sa vie va à jamais changer et il souffre que certains aient perdu la vie. Et il s'en veut de souffrir alors que lui est encore en vie. Contradictoire. Paradoxal. Et particulièrement perturbant et déstabilisant pour Rick qui se retrouve submergé par tout ceci sans trop savoir quoi en faire. Il ne peut donc que se contenter de pleurer, de laisser les émotions sortir pour pouvoir tenter de mieux les maîtriser après.

Tenter.

Finalement, bien que les émotions soient toujours présentes et fortes au point qu'il se sente oppressé, les larmes terminent par se faire moins violente, les sanglots se calment tout comme Rick se calme. Il prend de profondes respirations, toujours dans les bras de Toby, s'accrochant quelques instants à lui et finalement, il parvient à se calmer totalement. Il reste encore un peu contre son ami, s'imprégnant de son calme, de sa douceur sur le moment ce qui lui permet de détendre un peu son corps. Et un peu, dans son cas, c'est tellement mieux que rien... Les deux hommes se reculent enfin et Rick relève son regard encore voilé vers Toby auquel il réussit à adresser un petit sourire. « Moi aussi. » qu'il répond dans un murmure avant de récupérer bien volontiers le mouchoir tendu par Toby. Il s'essuie le visage, se mouche un bon coup et balance le mouchoir dans une petite poubelle non loin du lit avant de réinstaller dans son oreiller. Pleurer de cette façon l'a vidé de son énergie et il n'en avait déjà pas beaucoup. Pourtant, de l'énergie, il va en avoir encore besoin car très vite, Toby lui demande ce qu'il s'est passé et il ne peut pas simplement lui demander de rester là pendant qu'il va dormir. Il ne peut pas ne pas lui apporter les réponses qu'il cherche car il a bien conscience qu'il doit s'en poser tout un tas depuis qu'il l'a appelé. Et c'est là qu'il se félicite intérieurement, Rick, d'avoir pris la décision de ne prévenir personne avant d'être rapatrié sur le sol américain : Toby et Riley se seraient posés beaucoup trop de questions s'ils avaient été prévenus avant... Rick reste un instant silencieux, se tourne un peu sur le côté pour récupérer son gobelet en plastique dans lequel trône une paille pour lui faciliter l'hydratation. Toby le récupère avant lui et le lui tend. « Merci. » IL récupère le gobelet, boit un peu avant de le rendre à Toby qui le repose. Et Rick de rester encore silencieux. Il a expliqué à Riley et maintenant il doit recommander et en fait, il n'avait pas conscience que ça allait être si... Douloureux de reparler de tout cela.

Vraiment douloureux.

Il repose sa tête dans l'oreiller et observe son ami.

« Une explosion. Voiture piégée. »

Et comme au moment où il en a parlé à Riley, la rage lui remonte. Elle accompagne les souvenirs brûlants de ce moment.

« J'avais sécurisé l'endroit mais la voiture... J'ai pas eu le temps de m'en approcher. Tout a été très vite. »

Et en même temps, cela lui a semblé une éternité. Il se souvient de son réveil quelques secondes après avoir perdu connaissance, il se souvient sa désorientation, puis le moment où il a entendu crier et enfin le moment où il a senti les différentes douleurs. Il se crispe un peu dans son lit.

« Certains de mes hommes ont été tués sur le coup, d'autres, dont moi, gravement blessés. Nous avons été rapatriés en Allemagne pour être pris en charge là-bas. » Toby connaît le terrain, il connaît la procédure. « J'ai pas voulu appeler tant que j'étais pas rentré. » qu'il ajoute pour expliquer car l'explosion n'a pas eu lieu hier, non. « Je vais être bloqué là quelques semaines, ils vont devoir réopérer et s'occuper des brûlures avant... »

Et la voix se meurt parce qu'il repense à quel point débrider les brûlures fait mal, parce qu'il repense à ce qu'on dit les chirurgiens, à ce qu'il attend ensuite... Et pourtant il n'en dit rien. Il n'en est pas encore capable. Pas capable de dire à Toby l'étendu des dégâts. Sa main où est placé un cathéter bien se poser sur l'avant-bras de Toby.

« J'ai... » Il déglutit. « J'ai eu la trouille de jamais revoir ta sale tête tu sais... » Un petit sourire teinté de tristesse.

Oui, il a eu la trouille. Si Toby savait à quel point...



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MessageSujet: Re: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Mar 7 Aoû - 17:34

Tell me where to now ?



December, 2017

Ça le rassure un peu Toby, de voir son ami sourire. C’est sans doute un peu forcé, c’est sans doute un peu automatique, mais c’est déjà ça.

A peine Toby a-t-il posé la question qu’il la regrette aussitôt. Ce n’est pas qu’il n’a pas envie de savoir non - au contraire, et même s’il craint la vérité - mais il ne veut pas imposer ça à son ami qui semble déjà au bout de ses forces. Et qui a déjà dû en parler pendant un moment avec Riley. Il s’en veut un peu de lui demander ça, mais c’est trop tard et ce n’est pas vraiment comme s’il pouvait revenir en arrière. Il lui laisse prendre son temps, il ne veut pas le forcer ou le presser à quoique ce soit, et si Rick refuse de répondre ou lui demande de partir, il le fera sans doute (bien que la deuxième possibilité l’embête un peu, il n’a pas vraiment envie de le laisser seul). Silencieusement, il l’aide à récupérer son verre d’eau pour qu’il se désaltère, puis à le poser de nouveau à sa place initiale.

Il sent cette rage indomptable qu’il connaît bien l’envahir Toby, alors qu’il laisse son ami lui explique peu à peu, cherchant ses mots, ce qu’il s’est passé. Seulement, ce n’est pas en hurlant sa colère et en ayant envie d’aller cogner quelqu’un que ça va changer la situation pour Rick. Malheureusement. Sinon il aurait déjà réglé un bon nombre de problèmes dans sa vie, au lieu d’en créer d’autres. Et puis il n’a pas non plus envie de se faire sermonner par Jamie même si ce serait le cadet de ses soucis à cet instant.

Il sent la douleur de son ami, il sent sa tristesse, sa frustration et sa colère. Il sent son angoisse aussi, chacune de ses émotions - et c’est difficile. Il acquiesce, hoche la tête de temps à autre pour lui montrer qu’il écoute, qu’il est là, qu’il le soutient. Il ne veut pas le couper. ça doit déjà être suffisamment difficile comme ça pour lui de tout expliquer une nouvelle fois. Il sait bien que des hommes et des amis de Rick sont morts, mais à cet instant, et même si c’est égoïste, il ne peut pas s’empêcher juste d’être soulagé que la mort les ait trouvé eux et pas son ami. Ce dernier s’arrête au beau milieu de ses explications, et Toby comprend bien vite que c’est juste trop dur pour lui, et il ne fait aucun commentaire. Entre temps, il a pris la chaise et s’est assis à son chevet - il ne compte pas vraiment partir de sitôt de toute façon. Il digère les informations, poussant un soupir vain et un peu impuissant alors qu’il pense à tout ce que son ami a encore à endurer - essayant de calmer sa colère. Baissant les yeux quelques instants.

Il relève la tête à ses mots, et sa main vient se poser sur la sienne alors qu’il lui sourit avec chaleur. ‘Je suis là’ Il y a beaucoup de simplicité dans les propos de Toby; il n’a jamais été très doué avec les mots. ‘Tu vas encore devoir supporter ma sale tête pendant encore un moment, désolé de te l’apprendre.’ Il plaisante un peu, essaie d’alléger l’atmosphère qui s’est encore alourdi, mais il y a beaucoup de sérieux derrière ces paroles. Et il y a de l’émotion dans ses yeux.

Il cherche ses mots Toby, parce que toute cette situation le dépasse et lui fait peur. Son ami ne méritait pas ça. Bien sûr, y a pas vraiment beaucoup de gens qui méritent ça, mais Rick encore moins que les autres. C’est un bon. Et il a déjà assez souffert dans sa vie comme ça. Et il fallait que ça lui arrive maintenant. Alors qu’il venait à peine de sortir la tête hors de l’eau après la disparition de Peter - Toby s’inquiète. Il connaît le courage et la force de l’homme qui se trouve dans ce lit, néanmoins il craint qu’il soit trop difficile pour lui de remonter la pente après ça. ça le rend malade rien que d’y penser.

Il reprend son sérieux, se redresse un peu et pose une main sur l’épaule de son ami, avant de plonger son regard dans le sien. “Je suis désolé, Rick”. Pour tes hommes. Que cette merde te soit arrivé à toi. “Tu sais que ce n’est pas de ta faute. ?” ça sonne à moitié comme une question - est ce que t’en as conscience? Ne culpabilise pas pour quelque chose qui était hors de ta portée - mais aussi comme une affirmation. Ecoute moi. Je te dis que ce n’était pas de ta faute. Toby sait bien à quel point Rick se sent responsable de ses hommes.

Est ce que tu sais s’ils ont retrouvé les coupables?” Elle est toujours là, sa colère qu’il assourdit comme il peut. Il a envie de leur péter les os. Et puis c’est bien plus simple que de laisser sa tristesse et son angoisse pour son ami prendre le dessus.


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MessageSujet: Re: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Ven 24 Aoû - 15:33

Tell me where to now ?



December, 2017

Est-ce que c’est difficile de sourire ? Pas tant que ça en présence de Toby. Bien que le sourire soit teinté de tristesse, il est là, il est sincère. Et la main qui se pose sur la sienne est bientôt rejointe par sa jumelle, parce qu’il a besoin de sentir la peau de son ami sous ses doigts, il a besoin de cette réalité-là : Toby est là, en bonne santé, et lui aussi est là, pas si en bonne santé que ça mais vivant. Survivant. Oui, il a besoin de s’accrocher à cela Rick, même si la réalité dans laquelle lui et Toby se trouvent est douloureuse à bien des égards. Heureusement, son ami s’essaie à la légèreté lui aussi et arrache même un bref rire à Rick quand il mentionne sa « sale tête » à son tour. Il y a cependant du sérieux dans le ton de Toby et Rick saisit bien le sous-texte de cette affirmation faite avec une pointe d’humour : il est là, il sera toujours là. Il essaiera en tout cas parce que si Rick a toujours su que la vie ne tenait qu’à un fil, il en a encore plus conscience à présent. Et la chance qu’il a eue lui, d’autres ne l’ont pas eue. Peut-être que Toby ne l’aura pas le jour venu et ça lui tord les entrailles à Rick ne serait-ce que d’y songer. La main de Toby vient finalement se poser sur l’épaule de Rick et là encore il savoure le contact, la proximité, la tendresse de son ami. Il s’en imprègne un maximum parce qu’il sait que c’est bien de cela dont il a besoin. De soutien. Il pourrait vouloir jouer les durs, prétendre n’avoir besoin de personne mais ce serait se tirer une balle dans le pied. Un pied qui tient à peine au bout d’une jambe totalement bousillée qui plus est. Il secoue presque imperceptiblement la tête de droite à gauche quand Toby qu’il est désolé, et le visage de Rick se durcit un peu malgré lui : de la tendresse oui, de la pitié certainement pas. C’est arrivé. C’est terrible et il en crève de douleur d’avoir conscience que sa carrière militaire est terminée mais c’est comme ça. C’est arrivé à d’autres avant lui et cela arrivera à d’autres après lui. Cela fait partie des risques pour lesquels ils signent tous et toutes. Il détourne cependant le regard quand Toby affirme que ce n’est pas de sa faute. En soi, ce n’est pas lui qui a posé les explosifs, il le sait, en cela ce n’est pas de sa faute. Ne pas avoir été sécuriser le périmètre, ne pas avoir été vérifier les véhicules aux alentours avant que ses hommes ne le suivent par contre… Les supérieurs qu’il a eus par téléphone satellite après sa première chirurgie et son rappatriement lui ont affirmé qu’il n’était en rien responsable, que les premiers éléments le prouvaient et que les éléments suivant le prouveraient également mais Rick s’en veut.

Il s’en voudra très certainement tout le reste de son existence.

Puis, à la question de Toby il secoue de nouveau la tête de droite à gauche, la mâchoire se crispant à l’évocation des coupables, de ceux qui ont installé les explosifs à l’intérieur du véhicule.

« Pas les coupables directs. On m’a dit que ça a été revendiqué à peine une heure après l’explosion mais… Les fils de pute qui ont posé les explosifs on ne les aura jamais. On peut juste espérer qu’on tombera par hasard sur eux et qu’on les mettre hors d’état de… Nuire… » Les mots se meurent sur la fin de la phrase alors que le regard de Rick se perd dans le vide quand il comprend, quand il réalise ce qu’il vient de dire. Le sombre idiot… « Pas « on »… » qu’il murmure soudain la voix tremblante, le regard toujours détourné de Toby. « Plus « on »…Je ne leur mettrai jamais la main dessus… C’est fini. Fini… » Et alors qu’il le dit ça le frappe pleinement au point que les larmes lui remontent aux yeux. Et c’est le silence entre eux. Son regard voilé de larmes se relèvent doucement vers Toby et deuxième réalisation pour Rick : Toby ne sait pas. Comment le pourrait-il ? Il l’a appelé, il est venu, mais il ne sait pas l’étendue des dégâts, il ne sait pas les conséquences, la finalité. Il se mord l’intérieur de la joue et les « bips » du moniteur cardiaque auquel il est branché se font plus rapide. Sous le coup de l’émotion, de l’anxiété qui naît de cette fin de carrière brutale. « Je ne retrouverai jamais totalement l’usage de ma jambe. » Et ça sonne comme une condamnation dans la bouche de Rick. « Les docs’ ont été clairs, j’ai tenu à ce qu’ils le soient. C’est fini pour moi. »

Et putain que ça fait mal. Parce qu’il ne sait pas ce qu’il peut être s’il n’est pas un soldat.
Il ne sait pas s’il peut être, tout court.




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MessageSujet: Re: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Mar 28 Aoû - 14:39

Tell me where to now ?



December, 2017

Il ne lâche pas la main de son ami Toby, il ne la lâchera jamais. Il sera toujours là pour lui, qu’importe ce que la vie lui balance dans la tronche. Il a beaucoup trop de tendresse et d’affection pour cet homme allongé sur le lit. Quand il remarque son visage se durcir aussitôt, et voudrait ravaler ses mots, mais c’est trop tard. Il n’a jamais été doué avec les mots Toby. Il ne sait jamais bien les utiliser, et si Rick a sans doute pris ses paroles pour de la pitié, ce n’est pas le cas, Toby ne se le permettrait pas. De la compassion oui beaucoup, mais pas de la pitié. Il sait que son ami est capable de s’en remettre, qu’il est bien plus fort que ça. Pas de la pitié, de la sincérité. Bien sûr qu’il est désolé de ce qui lui est arrivé. Parce que ça craint, parce que son ami ne mérite pas ça, surtout pas lui, et que ça le met tant en colère que ça lui arrive à lui. Et puis il y a autre chose. Toby est terrorisé, elle est là la vérité. Il n’y a qu’une seule chose dont il voudrait avoir le coeur net, qu’une seule chose qui l’angoisse bien plus qu’il ne veut l’avouer. L’état de sa jambe. De ce qu’il voit, c’est flippant. Et il a peur de demander. Il a peur de ne pas savoir assimiler la nouvelle, il a surtout peur d’entendre le pire qu’il puisse s’imaginer. Alors il repousse l’échéance. Il se concentre sur la culpabilité de son ami. Parce qu’il le connaît très bien, il sait pertinemment qu’il s’en veut probablement pour ce qui est arrivé, pour ses hommes qui ont perdu la vie durant cette opération. Et Toby sait bien que ce n’est pas de sa faute. Il n’a pas besoin d’attendre de quelconques résultats d’enquêtes pour ça. Il connaît Rick. Il le connaît probablement mieux que lui même. Toby se concentre aussi sur sa colère, sur les vrais responsables de ce qu’il s’est passé. Il est bien plus simple pour lui d’être en colère que d’avoir peur.

Toby avait peur de savoir, avait peur de savoir, et son ami lui épargne la lourde de tâche de devoir le questionner. Il se dévoile de lui même. Il laisse l’émotion et la douleur l’envahir et balance la bombe qui déchire l’atmosphère dans la chambre de l’hôpital militaire. Sa jambe, perdue. Et Toby ne sait pas quoi ressentir. Il est si en colère - contre les coupables : ceux qui ont placé la bombe, mais aussi contre l’armée. Parce qu’elle est tout autant coupable. Il sait à quel point Rick aime l’armée, contrairement à lui. C’a toujours été ce qui le divisait le plus même s’ils n’ont jamais vraiment cherché à faire changer d’avis l’autre. Toby ne pourrait pas en avoir moins quelque chose à faire que Rick ne soit plus un soldat, au contraire. Ce qui le crève, c’est que ce soit parce qu’il a perdu sa jambe. Ce qui le crève, c’est qu’il sait pertinemment que son ami doit avoir l’impression que sa vie est finie. Il a perdu Peter, et maintenant il perd ce qu’il considère comme le reste de sa famille, Toby sait que Rick ne pense pas être capable de fonctionner sans être un soldat; et Toby ne sait pas s’il est assez fort pour le sortir de là. ça lui troue le coeur.  Il a bien envie de hurler et de cogner parce qu’il ne sait pas comment gérer ses émotions autrement. Sa mâchoire se serre brutalement. Il n’a jamais su. Son ami ne mérite pas ça. Il a bien envie de chialer aussi, il sent sa gorge se serrer. Mais il peut pas se laisser aller. Pas devant Rick, pas alors que son ami a besoin de lui, maintenant sans doute plus que jamais. Il n’a pas besoin d’un hystérique qui pète les plombs.

Il resserre son emprise sur sa main. ‘Hey. Hey.’ Les bips de la machine qui s’affole un peu l’angoissent. Il cherche à capter son regard. “Rick, rien n’est fini pour toi. Oui ça craint, et tu vas en chier, mais t’es plus fort que ça. Ses fils de pute t’ont peut être abîmé, mais ils t’ont pas encore mis à terre.” Il sait que ses paroles sont faciles et maladroites, il sait aussi que quelque part, oui, quelque chose se finit, quelque chose est à jamais brisé. Mais Rick ne voudrait pas qu’il s’apitoie sur son sort, même si c’est ce que Toby est enclin à faire intérieurement - mais il ne peut pas le laisser transparaître. Et puis surtout, Toby ne peut pas imaginer un monde où Rick ne parvient pas à s’en remettre.


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MessageSujet: Re: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Dim 2 Sep - 11:54

Tell me where to now ?



December, 2017

Il est vivant, c'est vrai, et d'autres n'ont pas eu cette chance mais que va être sa vie à présent ? Ou plutôt après, quand il sera sorti de l'hôpital ? Il ne connaît rien d'autre que l'armée, ne sait pas être autre chose qu'un militaire et ne veut pas être autre chose, même après ce qu'il s'est passé. Alors quoi pour lui, quoi ? C'est le flou total, l'inconnu et s'il est habitué à traiter avec l'inconnu dans son travail de démineur, là c'est différent. C'est bien différent. Et il en crève intérieurement Rick de ne pas savoir ce qu'il va devenir tout en sachant qu'il ne pourra plus jamais faire ce pour quoi il est né. Alors son rythme cardiaque s'emballe oui, l'anxiété se fait insistante et pressante même si Toby essaye de se montrer réconfortant et apaisant. Il reporte son regard dans celui de son ami Rick. Il essaye de s'y accrocher, de s'imprégner de ce que Toby dégage mais le problème n'est pas ce qu'il dégage : c'est ce qu'il dit. Parce qu'il a tout faux. Tellement faux... Rick se crispe au fil des secondes alors que Toby affirme que rien n'est terminé pour Rick. Il n'a pas compris. Il n'a... Pas compris. Que croit-il ? Qu'il va devoir en chier pour pouvoir ensuite retourner sur le terrain ? Non, il va devoir en chier juste pour tenter de récupérer un minimum de mobilité pour sa jambe. Il aimerait être plus fort que son état mais le mental ne suffira pas : c'est physique. Physique. Sa jambe ne pourra plus lui permettre d'être un soldat, c'est un fait. « Ses fils de pute t'ont peut-être abîmé, mais ils t'ont pas encore mis à terre. » Comme les mots lui font mal parce que c'est précisément ce qu'il s'est passé si : ils l'ont mis à terre et ils ont foutu en l'air sa carrière, le reste de son existence.

« Tu ne comprends pas... » qu'il souffle la voix tremblante au bord des larmes. « Ils ont réussi. Ils m'ont mis à terre Toby. » La mâchoire de Rick se crispe alors que sa gorge se noue. « Ce sera un miracle si j'arrive à courir de nouveau un jour. Tu entends ? Marcher ce sera possible et encore, pas sans douleur et je ne pourrai pas assumer de longues distances sans finir par boîter.Je ne pourrai plus jamais partir. Je ne pourrai plus jamais te protéger... Vous protéger tous... Vous... »

La voix se meurt. Oui, il les protégeait, ses frères et sœurs d'armes. Il le protégeait et il ne pourra plus jamais le faire.

« Je ne pourrai plus jamais me battre avec vous alors si Toby, si... Ils m'ont mis à terre et je pourrai jamais me relever de ça. » Il secoue la tête de droite à gauche. « Ils ont gagné. J'ai perdu. J'ai perdu... »

Et il détourne son regard de Toby. D'autres en sont revenus avant lui et dans le fond il le sait et le moment venu il s'en rendra compte. Le moment venu, il comprendra que sa vie n'est pas terminée et qu'il va pouvoir se reconstruire mais pour le moment... Pour le moment il subit la perte de sa carrière, de sa vocation. Il subit la perte de sa vie à bien des égards même si cœur bat toujours. Et c'est parce qu'il subit cela qu'il en vient à se laisser porter par des pensées on ne peut plus sombres et on ne peut plus injustes vis-à-vis de ceux qui ne s'en sont pas sortis.

« J'aurais dû crever là-bas... » qu'il termine par dire tout bas, la rage et la douleur au cœur.

Oui, c'est injuste de parler ainsi devant Toby et s'il avait parlé ainsi devant Riley, nul doute qu'elle l'aurait secoué. C'est injuste de souhaiter y être resté alors que d'autres auraient aimé ne pas y rester justement. Mais Rick ne le voit pas. N'y pense pas. Le voilà enfermé dans une spirale sombre et infernale.





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MessageSujet: Re: Tell me where to now ? [Toby] (flashback)   Mar 11 Sep - 19:31

Tell me where to now ?



December, 2017

Toby sait bien que ses mots sont trop faciles. Il le sait même avant de les avoir prononcer. Mais il ne peut pas s’en empêcher. A vrai dire, il ne sait pas trop quoi dire d’autre. Il aimerait pouvoir se passer de mots, qui finissent toujours par se retourner contre lui. Mais il sent bien que son ami a besoin d’être rassuré même s’il ne l’avouerait sans doute jamais de haute voix, et il peut le comprendre. Ce n’est pas de la honte mais… ils n’ont jamais eu besoin de s’avouer quoique ce soit. de s’avouer qu’ils ont besoin l’un de l’autre. Ils le savent, savent lorsqu’ils ont besoin d’être là pour l’autre. Toby aimerait avoir les mots miracles. Pouvoir lui dire ce qu’il a envie d’entendre, mais il sait bien que c’est impossible. Et Rick aussi le sait, bien sûr. Mais Toby regrette aussi d’essayer de le rassurer, parce que de toute évidence c’est un échec - et il s’en veut beaucoup. Il le sent se tendre, il le sent clairement réagir négativement à ses mots et il aurait voulu pouvoir les effacer - mais c’est trop tard maintenant. Il en a trop fait.

C’est Toby qui se tend un peu à sa réponse. Non, ils ne l’ont pas mis à terre. Il refuse d’entendre ça. Son meilleur ami est plus fort que ça. Mais il se tait. Il se tait parce que ce n’est pas à lui que ça arrive. Parce que ce n’est pas lui qui perd sa jambe, qui perd sa vie tel qu’il la connaît. Il ne peut que se taire, et écouter tout ce qu’il a à dire. Etre là pour lui. Il a envie de lui dire qu’il n’a pas besoin qu’il le protège, mais il se ravise. Parce que c’est probablement ce dont a besoin son ami à cet instant. Et il sent qu’il a encore besoin de parler, de se laisser aller un peu plus. Alors il reste silencieux et l’écoute un peu plus, même si ce qu’il entend lui crève le coeur. Il a envie le secouer, de le contredire autant qu’il le peut. Non il n’a pas perdu. Il peut faire encore tant de choses de sa vie. Ils n’ont pas gagné, ils ne lui ont pas pris son meilleur ami. Il est toujours là, à côté de lui. Oui il est un peu abîmé, mais il est encore là. Toby prend sa main dans la sienne en l’observant tourner la tête pour ne pas le regarder. Il est évident qu’il n’a pas vraiment envie d’une discussion, ou qu’il soit prêt pour une discussion. Et Toby peut le comprendre. Il n’a jamais aimé les beaux discours non plus, pour être honnête. Un instant, il se demande s’il devrait partir. Peut être que son ami voudrait être tranquille, assimiler tout ça seul. Mais Toby ne peut pas s’y résoudre. Il a trop d’affection pour lui, et à cet instant il s’inquiète beaucoup trop pour lui.

Mais à ses derniers mots, Toby voit rouge, et son coeur se serre brutalement. Il ne peut pas retenir ses protestations cette fois. C’est trop terrible rien que d’y penser. “Arrête tes conneries!” Ses mots sont violents, mais tout autant que la violence avec laquelle on enserre sa poitrine. Il a encore envie de chialer. “Tu peux pas dire ça. Tu peux pas.” Il est ému Toby. Il le dit plus pour lui même, mais c’est aussi destiné à son ami. “Tu crois qu’ils ont envie d’entendre ça tes hommes?! Peter?!” ça le met en colère, mais plus que tout ça ne fait que l’étouffer d’angoisse. Il s’en veut beaucoup d’utiliser l’ancien amant ainsi. Mais il sait très bien que cet homme n’aurait jamais voulu voir Rick ainsi. Et Rick peut se mettre en colère et lui hurler dessus. Sa voix se met à trembler. Putain, il ne supporte pas voir son meilleur ami comme ça. “Rick, t’es plus que ta jambe - ou que l’armée. Y a pas que ça qui te définit, je sais ce que tu penses maintenant mais je te connais. Tu vas te battre et moi je serai à côté. Je te laisse pas tomber.” Peut être qu’il n’aurait pas dû dire tout ça, mais Toby déteste se sentir impuissant, et il ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas comment l’aider.






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